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Norvège : "sacrifié" par le gouvernement, le dalaï lama reçu au Parlement

09/05/2014 08:58 EDT | Actualisé 09/07/2014 05:12 EDT

La Norvège a qualifié vendredi de "sacrifice" indispensable à la normalisation de ses relations avec la Chine la décision de son gouvernement de ne pas rencontrer le dalaï lama, accueilli en revanche au Parlement.

"Depuis quatre ans, nous nous trouvons dans une situation où il n'y a aucun contact politique avec les autorités chinoises. Cela rend impossible un dialogue sur les grandes questions difficiles comme le climat et les droits de l'homme", a déclaré la chef du gouvernement, Erna Solberg, à la radio NRK.

"C'est donc un sacrifice nécessaire pour montrer à la Chine que nous jugeons important d'avoir un dialogue avec elle", a-t-elle dit, interrogée sur le refus de rencontrer le chef spirituel tibétain pendant sa visite à Oslo cette semaine pour marquer le 25e anniversaire de son prix Nobel de la paix.

Après l'attribution en 2010 du Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo, les autorités chinoises ont mis fin à tout contact de haut niveau avec leurs homologues norvégiennes.

Le Comité Nobel est indépendant de tout pouvoir politique, même si ses cinq membres sont désignés par le Parlement.

Ni le chef de la diplomatie ni le président du Parlement --pourtant tous deux ex-présidents du Comité parlementaire d'amitié avec le Tibet-- ni aucun autre membre du gouvernement n'ont souhaité rencontrer le dalaï lama lors de sa visite de trois jours.

En amont, la Chine avait multiplié les mises en garde quant à l'accueil réservé à celui qu'elle considère comme un "séparatiste".

Le dalaï lama a en revanche été reçu vendredi au Parlement par des députés membres du comité pour le Tibet représentant toutes les formations politiques, y compris celles du gouvernement de droite.

Accueilli à l'entrée principale alors qu'il avait un temps été question de le faire passer par une porte de service, le moine bouddhiste a dit être "un admirateur du système démocratique".

L'absence de rencontre ministérielle avec le dalaï lama a été fustigée dans l'opinion publique, où de nombreuses voix ont critiqué la "lâcheté" du gouvernement et sa décision de brader ses valeurs pour ses intérêts économiques.

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