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La presse sud-africaine exhorte l'ANC à agir après sa victoire

09/05/2014 04:12 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

La presse sud-africaine prenait acte vendredi de la nette victoire annoncée de l'ANC, le parti au pouvoir, aux élections législatives de mercredi, l'appelant maintenant à agir pour sortir l'économie de son marasme actuel.

"L'Afrique du Sud a voté. Maintenant améliorons" la situation, résume le Star de Johannesburg.

"La question à un million de dollars maintenant, d'après les analystes, c'est de savoir si le bon résultat de l'ANC va l'encourager à mettre en place son Plan de développement national, faire croître l'économie et créer les emplois dont on a désespérément besoin, ou céder à la pression de ses partenaires de l'alliance (communistes et syndicats) qui restent fermement opposés à ce plan libéral", s'interroge le Times.

Avec une croissance moyenne de 3,3% ces 20 dernières années - et beaucoup moins ces derniers temps -, l'Afrique du Sud est à la traîne du reste des pays africains ou émergents et est loin des 6 à 7% jugés nécessaires pour créer des emplois pour ses millions de chômeurs.

"L'ANC a fait campagne sur la base d'un programme clair avec le Plan de développement national. Le nouveau gouvernement doit donner un signal clair. (...) Nous ne pouvons plus nous permettre la paralysie", ajoute le quotidien économique Business Day.

Le président Jacob Zuma a maintenant les mains libres, note l'hebdomadaire Mail & Guardian, même s'"il y a beaucoup de voix dans l'ANC qui diront que le succès électoral a été obtenu malgré Zuma, et pas grâce à lui", la personnalité du président étant controversé en raison de nombreux scandales.

Une bonne partie de la base électorale de l'ANC est composée de Noirs pauvres dépendant de l'aide sociale et "ne veut pas prendre le risque de voter pour quelqu'un d'autre parce qu'ils n'ont pas d'autre alternative pour vivre", remarque dans ses colonnes le politologue Moeletsi Mbeki, frère de l'ancien président ANC - déposé en 2008 - Thabo Mbeki.

Quant à l'absence de vote-sanction contre l'ANC, dans un pays où beaucoup se plaignent amèrement de l'incurie gouvernementale, "il n'y a tout simplement pas de culture d'utilisation du vote pour rendre les partis politiques ou leurs dirigeants responsables de leur action", écrit le Business Day.

"Les gens peuvent descendre dans la rue pour protester, incendier des bâtiments municipaux ou des maisons de conseillers, ou même huer le président, mais ils pourront toujours voter pour le parti responsable", relève-t-il.

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