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Hollywood revisite "Godzilla" en restant fidèle à ses racines japonaises

09/05/2014 12:45 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Godzilla, le "roi des monstres", né dans le Japon d'après-guerre traumatisé par Hiroshima, revient sur les écrans avec un luxueux traitement hollywoodien, alliant effets spéciaux époustouflants et réflexion sur la menace nucléaire.

Le reptile géant, dont les droits sont détenus par le studio japonais Toho, avait déjà été adapté par Hollywood en 1998, avec le maître ès catastrophes Roland Emmerich derrière la caméra.

Pour cette nouvelle version, qui sort mercredi en France (le 16 mai en Amérique du Nord), la Warner a confié le destin du monstre au Britannique Gareth Edwards, auteur du film indépendant de science-fiction "Monsters" (2010).

Fan du premier "Godzilla" (1954), signé Ishiro Honda, le cinéaste a rappelé, lors d'une récente table ronde avec la presse, que le film, qui fête ses 60 ans cette année, "est clairement une métaphore de Hiroshima et Nagasaki".

"Je crois que c'est pour cela qu'il a résisté à l'épreuve du temps, parce qu'il y avait de la matière", ajoute-t-il.

Depuis 1954, Toho a produit pas moins de 28 "Godzilla", le plus souvent avec des effets spéciaux modestes, des scénarios et une esthétique de série B.

"Godzilla", version Warner, se veut beaucoup plus ambitieux. Et en plus d'effets spéciaux dernier-cri, "le film est probablement beaucoup plus porté par les personnages que les autres versions", souligne le cinéaste.

Fidèle à ses racines, "Godzilla" commence au Japon, où Joe Brody (Bryan Cranston) voit mourir sa femme Sandra (Juliette Binoche) dans la centrale nucléaire où ils travaillent, après un grave accident.

Bien des années plus tard, Brody tente toujours de percer le mystère de la catastrophe, au péril de sa vie. Son fils Ford (Aaron Taylor-Johnson), soldat américain, tente de le ramener à la raison -- et aux Etats-Unis -- mais l'apparition de Godzilla et de deux autres monstres incontrôlables va changer dramatiquement le cours des événements.

Dans l'original de 1954, Godzilla incarnait les conséquences monstrueuses des bombardements nucléaires. Soixante ans plus tard, le feu atomique brûle toujours dans les entrailles de la bête, un choix délibéré de la production, qui était en pleine écriture du scénario au moment de la catastrophe de Fukushima, consécutive au séisme de mars 2011 au Japon.

"Il a fallu choisir: renonce-t-on à faire un film sur la radioactivité et le Japon, ou assume-t-on ce sujet au sein de notre film?", observe Gareth Edwards.

"Mais c'est le boulot de ce genre de films de refléter les problèmes de leur temps", dit-il. "Nous avons ouvert la boîte de Pandore de la puissance nucléaire et on ne peut plus la refermer. Quand quelque chose se détraque, les conséquences sont extrêmement graves. D'une certaine manière, le monstre de notre film reflète cette idée".

Le film est porté par Aaron Taylor-Johnson et Elizabeth Olsen (son épouse à l'écran), qui font leurs premiers pas dans une superproduction, après s'être illustrés dans le cinéma indépendant. "J'en avais vraiment envie, je voulais changer", déclare l'actrice, qui sera aussi à l'affiche de la suite d'"Avengers" en 2015. "Je voulais faire partie de plus gros projets, et entrer dans ce club d'actrices que je respecte et que je trouve formidables", comme Jennifer Lawrence et Shailene Woodley, dit-elle.

Son partenaire à l'écran, qu'on a pu voir dans "Savages" d'Oliver Stone, a pour sa part pris 10 kilos de muscles pour son rôle de soldat. "Ce n'était pas une consigne de quiconque", assure-t-il. "Mais je joue un lieutenenant de la Marine" et avec plus de muscles, "vous gagnez en puissance et en masculinité. C'est dans la tête, évidemment, mais cela entraîne une allure et une façon de marcher différentes".

Pour le producteur Thomas Tull, grand fan de monstres -- on lui doit aussi "Pacific Rim" (2013) -- faire un nouveau "Godzilla" est un rêve d'enfant qui se réalise. "C'est le roi des monstres, une force de la nature", dit-il. "Il n'est pas seulement énorme, c'est aussi un réacteur nucléaire ambulant. Difficile de faire plus! Et tout le monde connaît Godzilla. C'est devenu une icône culturelle".

rr/glr

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