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Elections européennes: les têtes d'affiche

09/05/2014 03:09 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Les cinq principaux partis européens présentent des candidats à la présidence de la Commission. Voici les têtes d'affiche.

JEAN-CLAUDE JUNCKER, LE VÉTÉRAN

Premier ministre du Luxembourg pendant près de 19 ans, Jean-Claude Juncker est à 59 ans détenteur du record de longévité à la tête d'un exécutif européen. C'est aussi l'une des dernières figures de la construction européenne, qui a côtoyé au pouvoir François Mitterrand et Helmut Kohl.

Ce vétéran de la politique à l'humour acéré a toujours marié son idéalisme européen à un solide pragmatisme: au service des intérêts de son petit pays et de son secret bancaire comme à la tête de l'Eurogroupe pour concevoir et mettre en oeuvre les cures d'austérité des pays en crise.

S'il défend dans sa campagne cette politique d'austérité, il plaide aussi pour une Europe plus sociale. Maîtrisant parfaitement l'allemand, le français et l'anglais, il avait raté le poste de président du Conseil européen en 2009. Son nom circule aussi pour ce poste cette année.

MARTIN SCHULZ, LE CHALLENGER

Le social-démocrate allemand Martin Schulz, 58 ans, est un homme déterminé. Chaleureux, mais aussi autoritaire, cet ancien libraire polyglotte a patiemment construit un parcours qui pourrait le conduire au sommet des institutions européennes, sans jamais avoir été ministre.

Adhérant au SPD à 19 ans, élu maire de Würselen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) à 31 ans, il entre en 1994 au Parlement européen, où il devient, dix ans plus tard, président du groupe socialiste.

En 2012, en vertu d'un accord entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, M. Schulz accède à la présidence du Parlement, dont il fait une rampe de lancement pour la Commission.

La notoriété de cet homme trapu, aux yeux clair, barbe impeccablement taillée, doit beaucoup à Silvio Berlusconi, qui en 2003 l'avait traité de "kapo", soulevant un tollé.

GUY VERHOFSTADT, LE BATTANT

Coincé entre conservateurs et socialistes, le libéral Guy Verhofstadt se pose en candidat de compromis et en champion de l'intégration européenne.

Entré très jeune en politique, l'ancien Premier ministre belge a bâti une carrière menée au pas de charge sur sa capacité à forger des coalitions. Très libéral dans les années 80, au point d'être surnommé "baby Thatcher", ce sexagénaire aux airs d'éternel adolescent est devenu plus centriste.

Victime en 2004 d'un veto britannique pour la présidence de la Commission, M. Verhofstadt se fait élire au Parlement européen et prend la présidence du groupe libéral. Il utilise cette tribune pour défendre sa vision fédéraliste, associé à son ami Vert Daniel Cohn-Bendit. Un discours qu'il a adouci à l'aube d'une campagne marquée par la montée de l'euroscepticisme.

ALEXIS TSIPRAS, L'ANTI-AUSTÉRITÉ

Engagé en politique depuis le lycée, aux Jeunesses communistes, le Grec Alexis Tsipras a été propulsé à 40 ans chef de file de la gauche radicale européenne car il incarne le rejet de l'austérité.

Son opposition frontale à la purge administrée à son pays et à l'emprise de la chancelière allemande Angela Merkel sur l'UE lui a permis de hisser le Syriza des marges de la politique aux portes du pouvoir. Au prix d'une série de recadrages, dont la réaffirmation de l'engagement européen de cette formation, face aux anti-euro.

Dénué de toute expérience au sein des institutions européennes, et desservi par sa méconnaissance de l'anglais, il compense par son charisme et a gagné sa légitimité européenne en tissant des liens avec le Front de gauche français et Die Linke en Allemagne. Il prône un "new deal européen" pour relancer croissance, emploi et Etat social.

SKA KELLER, LA BENJAMINE

Benjamine, et seule femme en lice, l'écologiste allemande Ska Keller est à 32 ans la carte maîtresse des Verts européens, au côté de son co-listier français José Bové, pour tenter de limiter leur érosion électorale.

Brillante --elle parle six langues, dont le turc et le finnois--, combative --elle a récemment interpellé Jean-Claude Juncker sur l'europhobie d'une partie de la droite européenne--, elle fait campagne pour une relance par l'écologie et l'éducation, et une Europe plus ouverte.

Face à des adversaires rompus aux rouages de l'UE, cette brune gracieuse met en avant son vécu de l'Europe au quotidien et l'expérience acquise au Parlement européen, où elle siège depuis 2009, sans toujours éviter le piège de l'idéalisme.

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