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Ukraine: Poutine a changé de ton mais ne renonce pas à ses objectifs (presse)

08/05/2014 06:01 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Vladimir Poutine a changé de ton en demandant le report du référendum des séparatistes pro-russes ukrainiens, levant la menace de nouvelles sanctions occidentales, mais cela ne signifie en rien qu'il renonce à ses objectifs, relevait jeudi la presse russe.

"La Troisième guerre mondiale attendra", titrait le quotidien populaire Moskovski Komsomolets, au lendemain de déclarations inattendues du président russe, qui a demandé aux séparatistes de l'est de l'Ukraine de reporter le référendum prévu dimanche et a ouvert la porte à la reconnaissance par Moscou d'une présidentielle anticipée prévue le 25 mai.

Comme la plupart des médias et des commentateurs, Moskovski Komsomolets s'interrogeait cependant sur la portée réelle du changement de ton de M. Poutine.

"Geste de bonne volonté de Poutine, ou abandon du +printemps russe+" des séparatistes ukrainiens ?, s'interrogeait le journal.

Pour le quotidien des affaires Kommersant, les déclarations de M. Poutine, faites à l'issue d'entretiens avec le président en exercice de l'OSCE (le Suisse Didier Burkhalter), témoignent de "négociations intenses en coulisse" avec les Occidentaux.

"La déclaration de Vladimir Poutine donne le signe qu'il est prêt à aider à la désescalade", souligne le journal.

Kommersant laisse entendre que la pression des sanctions économiques brandies par les Occidentaux n'est pas étrangère à l'adoucissement de la position de Moscou.

"Auparavant les dirigeants occidentaux accusaient Moscou de soutenir les organisateurs du référendum séparatiste, et de vouloir empêcher une présidentielle en Ukraine. Les propos de Vladimir Poutine privent les partisans d'une ligne dure contre Moscou du prétexte formel au lancement d'un troisième train de sanctions, économiques", souligne Kommersant.

Le quotidien en ligne Gazeta.ru (libéral) estime de son côté que la direction russe a fait le choix raisonné de ne pas endosser la responsabilité d'une escalade de la violence, et de renoncer à un référendum "au coût politique trop élevé et au statut extrêmement douteux".

"Un dialogue avec les Occidentaux va permettre à la Russie de montrer d'un côté qu'elle souhaite la stabilisation de la situation en Ukraine, et d'un autre de continuer de défendre sa position pour la fédéralisation" du pays.

Pour autant, en posant ses conditions, "Moscou s'est laissé la possibilité d'entreprendre pratiquement toute manoeuvre politique", souligne Gazeta.ru.

"Si on estime à Moscou que les droits des citoyens du sud-est de l'Ukraine ne sont +pas garantis+, on peut toujours revenir en arrière. Y compris aux scénarios de force", poursuit le journal en ligne, soulignant que faire revenir les militaires dont M. Poutine a annoncé mercredi le retrait de la frontière ukrainienne prendrait "quelques heures".

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