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Toyota a dégagé des bénéfices records en 2013-2014 et estime pouvoir les maintenir

08/05/2014 04:04 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Le constructeur d'automobiles japonais Toyota a dégagé un bénéfice net record en 2013-2014, presque doublé sur un an grâce à la dépréciation du yen, et estime pouvoir quasiment le maintenir en 2014-2015 malgré des inquiétudes pour les pays émergents.

Entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le premier constructeur mondial a dégagé un profit net de 1.823 milliards de yens (13,6 milliards d'euros au taux de change moyen de l'exercice). Pour l'exercice 2014-2015 en cours, il pense que ce bénéfice net va s'effriter de 2,4% à 1.780 milliards de yens (12,7 milliards d'euros au taux de change prévu par Toyota).

Le géant basé dans la région de Nagoya (centre du Japon) a expliqué avoir bénéficié de la forte dépréciation du yen. La monnaie japonaise a en effet perdu environ un quart de sa valeur face au dollar et à l'euro du fait de la politique du Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a poussé la banque centrale du pays à nettement assouplir sa politique monétaire.

A coût de production égal et à prix de vente identique, les véhicules fabriqués par Toyota au Japon puis exportés rapportent désormais beaucoup plus car le fruit de leur vente dans des devises étrangères est converti en yens dépréciés.

Cette évolution s'est révélée d'autant plus rentable pour le mastodonte qu'il produit plus de 40% de ses véhicules au Japon quand son concurrent nippon Nissan, dont le français Renault est le premier actionnaire, n'y assemble plus que 20% de ses voitures.

Les ventes de voitures au détail du pionnier des véhicules hybrides (double motorisation à essence et à l'électricité) ont grimpé de 4,5%, dépassant la barre des dix millions de véhicules pour une période de douze mois, une première mondiale pour un groupe d'automobiles. Cette performance a été accomplie avec l'ensemble des marques du groupe (Toyota elle-même, de luxe Lexus, de mini-véhicules Daihatsu et de poids lourds Hino).

Toyota a écoulé davantage de véhicules au Japon (comme son monospace Noah), aux Etats-Unis (petite berline Camry, camionnette Tundra), et en Europe (SUV RAV4, citadine Yaris). Il a en revanche marqué le pas en Asie (hors Japon), bien que ses ventes semblent se redresser en Chine, premier marché mondial du secteur, où elles avaient souffert à l'exercice précédent des conséquences d'une querelle diplomatique sino-nippone.

- Rebond américain -

Dopé par les effets de change, son chiffre d'affaires a bondi de 16,4% à 25.691 milliards de yens (191,7 milliards d'euros). Son bénéfice opérationnel a lui aussi atteint un nouveau record, s'envolant de 73% à 2.292 milliards de yens (17,1 milliards d'euros).

Pour l'exercice en cours, le groupe s'attend à une très légère progression de ses ventes de véhicules (+1,2% en volume), malgré des craintes pour ses ventes dans les pays émergents où demeurent des "incertitudes", et au Japon où le constructeur craint des affaires en déclin ce printemps après la hausse d'une taxe sur la consommation (équivalente à la TVA française).

Il s'attend à une poursuite de son rebond aux Etats-Unis, où le groupe s'est remis d'un scandale de rappel de millions de voitures, fin 2009 et début 2010, à cause de pédales d'accélération pouvant rester bloquées en position enfoncée ou de freins réagissant tardivement. Il a annoncé début avril une nouvelle gigantesque vague de rappels concernant 6,39 millions de véhicules dans le monde à cause de divers problèmes techniques, mais cette fois en vertu d'un "principe de précaution" destiné à prendre les devants au moindre souci.

Toyota prévoit in fine une stagnation de son chiffre d'affaires, à 25.700 milliards de yens, et de son bénéfice d'exploitation, à 2.300 milliards de yens lors de l'exercice en cours. Les effets de change ne devraient pas être favorables cette fois et Toyota espère compenser de moindres profits tirés de ses ventes par des réductions de coûts supplémentaires.

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