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Prise de bec aux Communes au sujet des travailleurs étrangers temporaires

08/05/2014 09:44 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La bataille politique au sujet des travailleurs étrangers temporaires s'est transformée en guerre de mots, jeudi, alors que les membres du gouvernement et de l'opposition ont brandi des lettres accablantes devant la Chambre des communes dans un effort pour discréditer leurs adversaires.

Au cours des derniers jours, les libéraux ont tenté de plonger le ministre de l'Emploi, Jason Kenney, dans l'embarras en divulguant des missives écrites par trois députés conservateurs qui remettent en question le programme de travailleurs étrangers temporaires de leur propre gouvernement.

M. Kenney a toutefois répliqué, jeudi, en dévoilant une lettre rédigée en 2009 par le leader libéral Justin Trudeau dans laquelle il demande un permis de travail pour un chef cuisinier chinois qu'un restaurant canadien comptant parmi les établissements préférés de son défunt père, Pierre Elliott Trudeau, souhaite embaucher.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'a pas échappé à cette bagarre de missives puisque John McCallum, le porte-parole du Parti libéral en matière d'immigration, a cité une lettre écrite en octobre par le député néo-démocrate de la circonscription de Western Artic, Denis Bevington, à l'attention du ministre Kenney pour se plaindre que les salaires versés aux travailleurs étrangers temporaires étaient trop élevés.

Une autre missive, cette fois rédigée par la députée libérale de Halifax Megan Leslie, exprime de l'inquiétude concernant l'obligation «contraignante» pour les employeurs de prouver qu'ils ont tenté d'engager des Canadiens avant de se tourner vers la main-d'oeuvre étrangère.

Même un ancien chef libéral s'est retrouvé mêlé à cette saga. Un courriel adressé par Michael Ignatieff à un représentant conservateur, obtenu par La Presse Canadienne, montre que l'ex-leader a essayé sans succès d'obtenir un permis de travail pour un couvreur du Kosovo en 2009.

Il s'agit de la plus récente prise de bec au sujet d'un dossier qui figure parmi les plus brûlants à avoir atterri sur le bureau de Jason Kenney depuis son arrivée au sein du cabinet.

Le programme de travailleurs étrangers temporaires est passé de 100 000 participants en 2002 à quelque 338 000 en 2014. En 2013 seulement, Ottawa a approuvé environ 240 000 permis de travail temporaires.

Selon les données du ministère de l'Emploi, un grand nombre d'entreprises et de ministères, fédéraux comme provinciaux, ont eu recours à des employés étrangers au cours des dernières années.

Des spas canins aux compagnies pétrolières, plusieurs employeurs ont reçu le feu vert pour embaucher des travailleurs étrangers temporaires, même dans des régions du pays où le taux de chômage est élevé, comme les Maritimes et le sud-ouest de l'Ontario, et dans des secteurs où les candidats canadiens ne manquent pas.

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