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Poutine sera aux cérémonies du Débarquement en Normandie, l'Ukraine en arrière-plan

08/05/2014 01:49 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine assistera à la commémoration du Débarquement en Normandie le 6 juin en hommage aux morts de la Seconde guerre mondiale, mais l'exercice s'annonce diplomatiquement risqué sur fond de crise ukrainienne et de boycott du sommet du G8 à Sotchi par les Occidentaux.

Si M. Poutine a été jugé par Paris "bienvenu" à cette commémoration, au titre du tribut payé par la Russie dans la bataille contre le nazisme, sa présence, confirmée jeudi par l'ambassadeur de Russie en France, ne signifie pas que les pays occidentaux entendent gommer leurs différends avec Moscou.

Juste avant cette cérémonie en Normandie, à laquelle participeront notamment le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel, les dirigeants occidentaux se seront réunis à Bruxelles en G7 - sans la Russie - les 4 et 5 juin, en remplacement d'un sommet du G8 initialement prévu aux mêmes dates dans la ville russe de Sotchi.

Fin mars, les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés avaient décidé d'annuler le G8 après le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, un geste fort qui visait à sanctionner Moscou.

La tension n'a depuis cessé de croître, avec le développement dans les régions de l'est et du sud de l'Ukraine d'une insurrection pro-russe que les Occidentaux accusent Moscou d'attiser voire d'orchestrer directement.

Si M. Poutine vient de changer de ton sur l'Ukraine en demandant le report du référendum séparatiste pro-russe dans l'est, ce geste ne signifie en rien qu'il renonce à ses objectifs, relevaient jeudi la presse et les analystes à Moscou.

Signe de la réserve américaine, Washington a annoncé jeudi ne pas prévoir de rencontre en tête-à-tête entre M. Obama et son homologue russe lors de la commémoration du 6 juin.

L'ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov a, lui, indiqué que M. Poutine pourrait rencontrer des dirigeants occidentaux en marge des cérémonies.

"Une rencontre entre le président Obama et le président Poutine n'est pas prévue" à cette occasion, a déclaré à l'AFP la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Caitlin Hayden.

"Nous savons que la France a invité tous les pays qui ont pris part au conflit" pour le 70e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944, a remarqué Mme Hayden. "Nous ne nous attendions pas à ce que la France retire son invitation à la Russie (...) en raison de ce qui se passe en Ukraine".

- "des millions de vies" -

La chancelière allemande s'est de son côté réjouie de la venue de M. Poutine, tout en réaffirmant son soutien à l'Ukraine.

"Je souhaitais que nous puissions, malgré nos opinions différentes, et malgré les conflits importants (...) célébrer cette période difficile de la Seconde guerre mondiale. Je trouve donc que c'est une bonne nouvelle", a-t-elle dit, tout en soulignant qu'il pouvait "se passer encore beaucoup de choses d'ici" au 6 juin.

Revenant sur la crise ukrainienne, la chancelière a répété qu'elle jugeait "bon de maintenir toujours d'un côté le dialogue, mais aussi de dire clairement que nous soutenons l'Ukraine, (et) si tout cela ne marche pas, de garder en vue la possibilité de sanctions" contre Moscou.

Le président français François Hollande a déclaré jeudi que "comme représentant du peuple russe", M. Poutine était le "bienvenu" le 6 juin. "On peut avoir des différends avec Vladimir Poutine, mais moi je n'oublie pas et n'oublierai jamais que le peuple russe a donné des millions de vies" lors de la Seconde guerre mondiale, a expliqué M. Hollande à la chaîne France 2.

M. Hollande avait déclaré en mars, en pleine crise avec la Russie sur la Crimée, qu'il maintenait l'invitation de M. Poutine aux célébrations.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a également assuré jeudi que la participation de M. Poutine le 6 juin était "dans l'ordre des choses".

"Je ne vois pas pourquoi on interdirait au président du peuple russe, qui a laissé neuf millions des siens dans la bataille contre le nazisme", de participer à cette commémoration, a déclaré le ministre. "Ce serait une insulte à tous ces morts".

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