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L'ONU et AI détaillent les horreurs de la situation au Soudan du Sud

08/05/2014 10:29 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Les agressions physiques et sexuelles horribles, aux motivations ethniques, commises par les belligérants au Soudan du Sud représentent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, a dénoncé jeudi Amnesty International, au moment où un nouveau rapport des Nations unies révèle que 300 membres d'une même communauté ethnique ont été massacrés lors d'un seul incident.

Le rapport d'Amnesty documente les viols d'enfants et le meurtre de vieillards hospitalisés. Lors d'un acte de violence particulièrement horrible, une fillette de 10 ans aurait ainsi été violée par une dizaine d'hommes.

«Les forces de deux camps témoignent d'un manque de respect total envers les principes les plus fondamentaux des droits humains internationaux et de la loi humanitaire. Les commandants des deux camps qui sont responsables (...) de crimes aussi graves, dont certains constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, devront répondre de leurs décisions», a dit la directrice adjointe d'Amnesty en Afrique, Michelle Kagari.

Le rapport ajoute que les corps de 18 femmes ont été retrouvés à l'extérieur de la cathédrale catholique de St. Andrew's, dans la ville de Bor, en janvier. Six des femmes étaient membres du clergé et toutes appartenaient à l'ethnie dinka.

Une femme a raconté à Amnesty que son fils de 20 ans a été enlevé de sa résidence, à Djouba, ligoté et exécuté. Elle dit s'être alors enfuie vers la résidence d'une voisine, où elle et neuf autres femmes auraient été violées par des soldats.

Le document de l'ONU, quant à lui, détaille les meurtres de 300 hommes membres de l'ethnie nuer dans un quartier de la capitale, au lendemain du début des violences. Les corps des victimes de plusieurs attaques auraient été emmenés vers une destination inconnue.

Les Nuers de Djouba ont été ciblés par des assaillants armés qui portaient des uniformes policiers et militaires, ajoute le rapport.

La représentante de l'ONU au Soudan du Sud, Hilde F. Johnson, a déclaré qu'il est crucial que les auteurs de ces atrocités aient à répondre de leurs actes, pour mettre fin à la culture d'impunité au pays et pour empêcher des gestes similaires d'être commis dans le futur.

Le rapport onusien fait état de violations graves des droits de la personne et de la loi humanitaire internationale.

Le Soudan du Sud, le plus jeune pays de la planète, est déchiré par la violence depuis décembre, quand le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président Riek Macha de fomenter un coup d'État. Les deux hommes sont issus de tribus rivales.

Des milliers de personnes ont perdu la vie depuis le début des violences, qui se font de plus en plus ethniques. Plus de 1,3 million de personnes ont été chassées de chez elles, et les travailleurs humanitaires craignent une famine si les habitants sont incapables d'ensemencer leurs récoltes ce mois-ci.

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