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Libye: les autonomistes de l'Est ne reconnaissent pas le nouveau Premier ministre

08/05/2014 09:53 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Les rebelles autonomistes qui bloquent des sites pétroliers dans l'Est libyen ont affirmé qu'ils ne reconnaissaient pas le nouveau Premier ministre, Ahmed Miitig, dont l'élection controversée est selon eux illégale.

"Nous refusons de traiter avec M. Miitig parce que son élection a été illégale", a déclaré mercredi soir à la chaîne Al-Nabaa Ali Al-Hassi, un porte-parole du gouvernement autoproclamé de la Cyrénaïque (région orientale), bras politique des rebelles.

Le Congrès général national (CGN, Parlement) a ratifié lundi la nomination d'Ahmed Miitig comme Premier ministre par une décision signée par son président, au lendemain d'un vote chaotique qualifié d'illégal par plusieurs députés.

De son côté, le chef du gouvernement autoproclamé de la Cyrénaïque, Abd Rabou Al-Baraassi, a appelé à organiser une nouvelle élection, dans un discours retransmis à la télévision.

Cette position des rebelles risque de remettre en cause un accord annoncé le 6 avril entre les rebelles et le gouvernement intérimaire d'Abdallah Al-Theni, prévoyant la levée progressive du blocage de quatre terminaux pétroliers.

Les ports de l'Est sont bloqués depuis juillet 2013 par des gardes des installations pétrolières, partisans de l'autonomie, empêchant toute exportation de brut et provoquant une chute de la production à 250.000 barils par jour, voire moins, contre près de 1,5 million b/j en temps normal.

M. Al-Baraassi a dénoncé par ailleurs "l'atermoiement" du gouvernement dans l'application des termes de l'accord qui prévoit notamment le paiement des salaires des gardes depuis le début de leur mouvement.

Il a rappelé avoir prouvé leur "bonne intention", en ouvrant en avril les ports d'Al-Hariga (110.000 barils/jour) et de Zwitina (100.000 b/j), comme le stipule l'accord.

Le gouvernement et les rebelles s'étaient donné un délai de deux à quatre semaines pour trouver un accord final permettant la levée du blocage des deux autres ports: Ras Lanouf (200.000 b/j) et al-Sedra (350.000 b/j).

"Mais ce délai a expiré sans que rien ne soit fait", a déploré M. al-Baraassi, accusant le CGN de vouloir saboter l'accord.

"Les islamistes au Congrès veulent contrôler les ports et revenus pétroliers en Libye, via leurs milices", a-t-il estimé.

Les autonomistes avaient, dans un premier temps, justifié le blocage des terminaux en accusant le gouvernement de corruption, avant d'afficher leurs véritables intentions en réclamant l'autonomie de la Cyrénaïque et en annonçant la mise en place d'un gouvernement local, ainsi que d'une banque et d'une compagnie de pétrole.

ila/vl

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