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L'euro frôle les 1,40 dollar avant de chuter

08/05/2014 12:08 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

L'euro a frôlé les 1,40 dollar jeudi à la suite du statu quo monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) avant de chuter, pénalisé dans un second temps par la perspective d'une action de la BCE en juin.

Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), la monnaie unique européenne s'échangeait à 1,3864 dollar, contre 1,3911 dollar mercredi vers 21H00 GMT. Vers 12H40 GMT, l'euro a atteint 1,3993 dollar, son niveau le plus élevé depuis le 31 octobre 2011, date à laquelle la monnaie unique évoluait au-dessus des 1,40 dollar.

La BCE a laissé jeudi son principal taux directeur inchangé au niveau historiquement bas de 0,25%, lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire délocalisée à Bruxelles.

Cette décision était largement attendue par les analystes, après le léger rebond de l'inflation en avril et alors que les derniers indicateurs publiés confirment la poursuite de la reprise économique en zone euro.

L'adoption de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire aurait eu pour effet de peser sur la valeur de l'euro. En leur absence, l'euro est monté à son niveau le plus élevé depuis deux ans et demi.

Mais dans un second temps, la monnaie unique européenne s'est retournée, chutant nettement face au dollar, pénalisé par la perspective d'une action de la BCE le mois prochain.

"Le conseil des gouverneurs (de la BCE) est à l'aise pour agir la prochaine fois mais avant nous voulons voir les projections économiques qui seront publiées début juin", a déclaré le président de la banque centrale, Mario Draghi, devant la presse.

"Draghi a fait monter l'euro en ne prenant aucune action ce mois-ci puis l'a fait baisser en suggérant une potentielle action en juin", a résumé, pour l'AFP, Kathleen Brooks, analyste de Forex.com.

Pour Howard Archer, économiste d'IHS Global Insight, la BCE pourrait donc abaisser le mois prochain son principal taux directeur, à 0,15% ou 0,10%, et porter le taux de facilité de dépôt (auquel les banques placent leurs surplus de liquidités auprès de la BCE pour 24 heures) en territoire négatif, à -0,1% ou -0,15%.

La baisse du taux directeur constitue la principale arme dont dispose une banque centrale pour contrer un ralentissement de la hausse des prix et il rend une monnaie moins rémunératrice donc moins attrayante pour les investisseurs spéculatifs. C'est pourquoi la monnaie unique pâtissait de la perspective d'une action prochaine de la BCE.

La BCE n'est pas disposée "à avoir une inflation faible pendant trop longtemps", a martelé M. Draghi, alors que de nombreuses voix se sont élevées ces dernières semaines pour demander à l'institution monétaire d'agir contre le risque croissant de déflation en zone euro.

Le Conseil des gouverneurs a également "eu une discussion sérieuse sur le taux de change" de l'euro, a indiqué l'Italien. "C'est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance. Dans une période où l'inflation est basse de manière prolongée, le renforcement de l'euro est une inquiétude sérieuse", a-t-il détaillé, sans toutefois vouloir donner de seuil à partir duquel la BCE pourrait agir.

L'appréciation de l'euro alimente notamment les pressions déflationnistes en zone euro en rendant les produits importés, comme l'énergie, moins coûteux.

De plus, comme l'a rappelé Markus Huber, analyste chez Peregrine & Black, l'euro fort pèse sur "les profits des entreprises basées en Europe" et rend "la zone euro moins compétitive face aux autres grandes économies", pouvant ainsi mettre "en danger la reprise économique de la zone euro".

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