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La Syrie a encore assez de précurseurs chimiques "pour beaucoup d'attaques", selon la Grande-Bretagne

08/05/2014 02:25 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

La Syrie dispose encore de précurseurs chimiques en suffisance pour fabriquer du gaz neurotoxique et reproduire l'attaque mortelle d'août près de Damas, a affirmé jeudi la Grande-Bretagne à l'organisation chargée de superviser la destruction de l'arsenal chimique syrien.

Le délégué du pays à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye, s'est plaint du manque de progrès dans le processus malgré le fait que la Syrie a désormais livré plus de 92% de son arsenal.

"La Syrie continue de posséder environ 100 tonnes de matériel" sur l'un de ses sites, a déclaré le délégué lors d'un Conseil exécutif de l'OIAC, selon un document vu par l'AFP.

"Le site contient tous les précurseurs nécessaires à la production du gaz neurotoxique et du matériel en suffisance pour reproduire, de nombreuses fois, l'incident dans la banlieue de Damas le 21 août de l'année passée", a-t-il déclaré.

L'attaque au gaz sarin avait tué des centaines de personnes et avait conduit Damas à accepter de livrer ses armes chimiques.

Cette décision était intervenue dans le cadre d'un accord conclu entre Washington et Moscou en septembre 2013, qui avait écarté la perspective d'une intervention militaire américaine contre le régime en Syrie.

Selon les termes de l'accord, la Syrie devait avoir évacué la totalité de son arsenal pour le 27 avril, après avoir manqué plusieurs dates limite.

Des navires danois et norvégiens doivent amener cet arsenal vers un navire américain, qui doit les détruire en mer avant le 30 juin.

La Grande-Bretagne a accusé la Syrie de "temporiser les prochaines étapes de transport, transbordements, de débarquement et de destruction".

Pour justifier le retard pris, le gouvernement syrien argue du manque de sécurité dans le pays, en guerre depuis trois ans, mais les puissances occidentales accusent Damas de ralentir volontairement le processus.

L'OIAC avait envoyé la semaine dernière une équipe en Syrie afin d'enquêter sur les récentes allégations d'attaques au chlore.

La France et les États-Unis avaient assuré que les forces du président syrien, Bachar el-Assad, avaient utilisé des agents chimiques industriels contre un village tenu par les rebelles dans la province Hama, au centre du pays.

La Syrie n'avait pas été obligée de déclarer ses stocks de chlore, un agent toxique mais faible, car celui-ci est largement utilisé dans des contextes commerciaux et domestiques.

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