POLITIQUE

La sortie de Lisée contre Drainville a indisposé ses collègues

08/05/2014 12:10 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT
PC

SCOTT, Qc - Comme les libéraux l'avaient promis avant eux en campagne électorale, les députés péquistes entendent s'occuper «des vraies affaires» à leur retour à l'Assemblée nationale le 20 mai.

Les débats sur la souveraineté et l'article un du parti peuvent attendre, a indiqué jeudi le chef parlementaire par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard.

«Ces questions-là sont fort importantes mais je pense qu'il y a un temps et lieu pour en débattre. Actuellement, je pense que les Québécois sont préoccupés par rapport aux choix du gouvernement et on va leur parler de ça. Je pense que c'est la moindre des choses. Nous, on a une réflexion à l'interne, elle se continue avec le parti», a expliqué M. Bédard, en point de presse, au terme d'une retraite de deux jours des députés à Scott en Beauce.

«Là on parle, comme on dit, des vraies affaires, les vraies affaires c'est ce qui s'en vient lors de la session parlementaire: l'étude des crédits, le budget qui va être déposé», a-t-il ajouté.

Les échanges à huis-clos des deux derniers jours ont permis de nouveau aux élus du PQ de se pencher sur les causes de la débâcle électorale du 7 avril alors que la perspective d'un nouveau référendum a effrayé les électeurs. L'exercice visait aussi à refaire l'unité des troupes.

«C'est une équipe soudée, il n'y a pas de clan», a insisté M. Bédard.

En outre, le chef intérimaire a nié avoir essuyé une rebuffade de la part de ses collègues qui ont battu au vote mercredi les deux candidats qu'il avait choisis pour siéger au comité exécutif du parti. Les députés Mathieu Traversy et Carole Poirier ont été préférés aux élus Harold Lebel et Nicole Léger, tous deux associés à l'ère Marois.

«Prétendre que ce sont mes candidatures (M. Lebel et Mme Léger), c'est mal avisé», a dit M. Bédard.

«J'ai demandé à des gens par intérim tout simplement de se présenter pour s'assurer que l'on garde cette sérénité à l'exécutif et ça a été le cas. Il était prévu depuis une semaine et demie qu'on allait procéder à cette élection et ça a été fait dans l'unité», a-t-il justifié.

Le leader péquiste s'est aussi empressé de remettre le couvercle sur la marmite d'un incident impliquant Jean-François Lisée. Le député de Rosemont a indisposé bon nombre de ses collègues lorsqu'il a critiqué ouvertement et publiquement la gestion du débat sur la charte des valeurs par Bernard Drainville.

Le député de Rosemont a reproché mardi dernier à l'ex-ministre responsable de la charte d'avoir entretenu l'ambiguïté concernant l'existence ou non d'avis juridiques sur la constitutionnalité du projet de loi 60.

«Cet épisode, chers amis, est derrière nous, a lancé M. Bédard. Ce qu'on voit, c'est une équipe unie. Il faut aussi comme équipe se donner des règles de fonctionnement et c'est ce qu'on est en train de faire.»

En matinée, des collègues de M. Lisée n'ont pas hésité à inviter leur prolixe collègue à faire preuve de plus de discrétion et à laver son linge sale en famille.

«Quand j'ai des observations, je préfère les faire à l'intérieur et j'incite mes collègues à en faire autant», a dit le député de Matane, Pascal Bérubé, se citant lui-même en exemple. M. Bérubé est l'un de ceux dont le nom circule parmi les aspirants à la direction du parti, aux côtés de MM. Lisée et Drainville, Pierre Karl Péladeau, Alexandre Cloutier, Véronique Hivon, Sylvain Gaudreault et Réjean Hébert.

Les députés devraient toujours garder à l'interne leurs états d'âme, a pour sa part estimé le doyen des élus à l'Assemblée nationale, François Gendron.

«On devrait toujours, (sur un) certain nombre de choses, discuter entre nous», a-t-il dit.

Sans faire montre de repentance, M. Lisée a jugé lui aussi que l'incident était clos et qu'il n'y avait pas d'hostilité entre lui et M. Drainville.

«Nous avons été très francs, nous avons été très ouverts, nous ne sommes pas d'accord sur tout, parfois ça déborde publiquement mais voilà, c'est tout», a-t-il laissé tomber.

La prochaine campagne à la direction du parti n'était pas à l'ordre du jour de la rencontre à huis-clos, a par ailleurs affirmé M. Bédard. Les députés ne sont pas pressés de se lancer en campagne, a-t-il fait valoir.

«Je pense qu'on a pris des leçons de la dernière campagne et la prochaine campagne qui s'en vient au leadership va être empreinte de cette sérénité que l'on voit actuellement. Ce qu'on sent, c'est pas d'empressement et tous ceux dont les noms circulent collaborent», a-t-il argué.

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