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Elections en Afrique du Sud: L'ANC en tête comme prévu

08/05/2014 05:29 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

L'ANC, au pouvoir en Afrique du Sud depuis l'élection historique de Nelson Mandela en 1994, était comme prévu en tête des décomptes jeudi au lendemain des élections législatives, mais apparemment en recul par rapport au dernier scrutin de 2009.

Selon des résultats partiels portant sur près de 49% des bureaux de vote à 11H00 (09H00 GMT), l'ANC menait avec 62,24% des voix, contre 66,9% cinq ans plus tôt.

Un tel score est conforme aux prévisions des sondages. On attendait encore les résultats des zones rurales, traditionnellement favorables au parti dominant, mais aussi ceux des grandes villes, qui pourraient l'être moins.

"Avec un score de plus de 60%, ça sera une victoire décisive", a indiqué à l'AFP Jessie Duarte, secrétaire générale adjointe de l'ANC. "Si l'on regarde les tendances mondiales, il faut s'attendre à ce qu'un parti au pouvoir ne garde pas éternellement des scores aussi hauts", dit-elle pour justifier le relatif recul du parti, qui avait frôlé les 70% il y a dix ans.

"Nous sommes contents, nous menons la danse", a confirmé Jackson Mthembu, le porte-parole du mouvement. S'il refuse de pronostiquer un résultat final, il n'a qu'un mot pour qualifier la victoire de l'ANC: "écrasante."

Même si les résultats sont encore loin d'être définitifs, l'ANC est assuré de gérer le pays pour le cinquième quinquennat consécutif. Et le président sortant Jacob Zuma sera réélu par le 21 mai par une Assemblée nationale où il aura toujours une claire majorité.

Les Sud-Africains se sont massivement déplacés mercredi pour participer à ces cinquièmes élections législatives depuis la chute de l'apartheid en 1994. La participation a atteint 72,75%.

Ce scrutin était aussi le premier auquel ont pris part les jeunes nés après la chute du régime ségrégationniste de l'apartheid en 1994, la génération des "born free" ("nés libres").

Derrière l'ANC, le principal parti d'opposition, l'Alliance Démocratique (DA), semblait réussir son pari de progresser encore pour passer la barre des 20%. Les résultats lui donnaient jeudi matin 23,63% des voix.

"Je crois que nous ferons environ 23%", a indiqué à l'AFP sa dirigeante Helen Zille. "Bien sûr, nous espérions mieux, mais nous avons fait ce que nous pouvions."

Violences urbaines quasi-quotidiennes

Elle-même devrait rester Premier ministre du Cap occidental (sud-ouest), la seule province --sur neuf-- que ne contrôle pas l'ANC. "J'espère que nous ferons 58"% dans cette région prospère, a-t-elle dit. Les résultats provisoires lui donnaient 60,5% jeudi matin.

Le parti radical populiste de Julius Malema, les Combattants pour la liberté économique (EFF), était en troisième position avec 4,6%.

Accusé de corruption et d'incompétence par l'opposition, l'ANC reste le parti de coeur de millions de Sud-Africains, qui estiment que c'est à la formation politique de Mandela qu'ils doivent leur liberté.

Parmi les "born free" rencontrés mercredi par l'AFP à Soweto, autrefois un haut lieu de la lutte anti-apartheid, la fidélité à l'ANC était d'ailleurs la règle. "J'ai voté ANC parce que c'est eux qui ont fourni la majorité des gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, qui sont allés en prison et qui ont oeuvré sans relâche pour libérer notre pays", expliquait Katlego Mafereka, un étudiant en finances de 19 ans.

Mais les violences urbaines quasi-quotidiennes dans le pays prouvent que le parti au pouvoir ne bénéficie plus depuis longtemps d'aucun état de grâce. Les quartiers les plus pauvres s'enflamment régulièrement, généralement pour réclamer un accès à l'eau ou à l'électricité, dénoncer l'incurie des élus locaux ou réclamer des emplois.

Le prochain gouvernement devra d'urgence créer des emplois, alors que le taux de chômage dépasse officiellement les 25% (plus de 28% pour la majorité noire), sans compter les millions de personnes "découragées", qui ont quitté le marché du travail.

La journée de vote s'est globalement déroulée dans le calme. Un militant de l'ANC a toutefois été abattu devant un bureau de vote à kwaDukuza (est), dans la province du KwaZulu-Natal où les règlements de compte politiques font de nombreuses victimes chaque année.

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