NOUVELLES

Deux femmes se dénudent pendant une manifestation contre le droit à l'avortement

08/05/2014 01:40 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Des membres du mouvement Femen se sont invitées à une manifestation contre l'avortement, jeudi, sur la colline parlementaire à Ottawa.

Alors que l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, était au micro, deux femmes ont ôté leurs chandails. On pouvait lire sur leurs seins, leurs ventres et leurs dos des slogans hostiles aux manifestants.

Neda Topalosky et Delphine Bergeron ont d'abord été interceptées par des organisateurs de la manifestation avant que les agents de la GRC qui assurent la sécurité sur la colline parlementaire ne prennent le relais.

Pendant qu'on tentait de les éloigner des micros, les deux femmes scandaient des slogans: «Que votre moralité aille se faire foutre», «Mon corps, mon choix», entre autres.

Pour couvrir leurs cris, certains ont choisi la prière, entonnant un «Je vous salue Marie», alors que d'autres reprochaient aux policiers de ne pas intervenir assez rapidement.

«Messieurs les agents, pourquoi vous ne faites rien? S'il vous plaît! Il y a des enfants ici», s'est exclamé Matthew Wojciechowski, organisateur de la manifestation et membre du groupe Campaign Life.

Des agents maîtrisaient alors Mme Topalosky et lui disaient qu'elle était en état d'arrestation «pour désordre public».

Mmes Topalosky et Bergeron ont finalement été éloignées de la colline parlementaire à bord d'un véhicule de la GRC. Elles ont été relâchées quelques minutes plus tard.

«On veut le libre accès à l'avortement, des soins médicaux pour les femmes qui en ont besoin et qui le veulent. On ne veut pas retourner en arrière», a lancé Mme Bergeron avant de monter dans la voiture.

Deux autres membres de Femen-Canada qui ne s'étaient pas déshabillées sont restées derrière pour expliquer le geste aux journalistes.

«On sait aussi que le gouvernement Harper est dirigé beaucoup par les lobbys de la droite religieuse. Donc, on essaie d'attirer l'attention de la population sur ces enjeux-là aussi. On ne veut pas que ce soit la droite religieuse qui se mette à décider des politiques canadiennes», a dit Laurence Bergeron-Michaud.

La manifestation contre le droit à l'avortement est un événement annuel. Des centaines de membres d'églises et d'élèves d'écoles catholiques se réunissent à Ottawa pour dénoncer le droit à l'avortement.

Un petit groupe d'élus conservateurs est toujours aux premières loges. Cette année, ils étaient une dizaine de députés conservateurs à participer à l'événement et à être témoins de l'intervention des Femen.

«Elles avaient le droit de faire ça», a convenu Bob Zimmer, député conservateur de Colombie-Britannique, après la manifestation. «Quand on voit le nombre d'enfants qu'il y avait dans la foule, ce n'était pas très correct», a-t-il déploré.

«C'est une journée bien triste quand vous ne pouvez avoir une manifestation comme celle-ci sur la colline sans que quelqu'un fasse un esclandre», a offert de son côté Harold Albrecht, député conservateur ontarien.

Avant l'arrivée des Femen, on venait d'entendre un auteur américain vanter la nécessité de la chasteté. «Si nous pouvions faire entendre le message de la chasteté aux jeunes, nous pourrions éviter aux jeunes filles d'avoir à prendre cette décision crève-coeur de se faire avorter», disait Jason Evert, un pasteur du Colorado.

PLUS:pc