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Commission Charbonneau: Guy Chevrette nie des propos de Gilles Cloutier

08/05/2014 04:00 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'ancien ministre péquiste des Transports Guy Chevrette a nié en partie le témoignage du vice-président au développement des affaires de Roche, Gilles Cloutier, qui l'avait impliqué dans un cocktail de financement. Devant la Commission Charbonneau à son tour, jeudi, il l'a accusé d'avoir menti pour se donner de l'importance.

Il y a un an, devant la commission d'enquête, M. Cloutier avait soutenu que Guy Chevrette avait participé à un cocktail de financement au profit de la députée de Prévost, Lucie Papineau, en 2001.

M. Cloutier avait affirmé que les participants, dont certains entrepreneurs en construction, avaient payé 1000 $ le billet pour entendre M. Chevrette. Il avait soutenu que M. Chevrette avait alors annoncé des changements au calendrier des soumissions devant des entrepreneurs.

Guy Chevrette a assuré qu'il n'a jamais été assis aux côtés de Gilles Cloutier, que c'était même un homme qu'il «fuyait».

De plus, selon son agenda, c'est deux ans plus tôt, soit en septembre 1999, qu'il y avait un cocktail de financement pour Lucie Papineau dans un hôtel à Saint-Jérôme. Et, là encore, bien que ce soit inscrit à son agenda de ministre, il ne se rappelle pas de l'événement.

De toute façon, il souligne qu'il est impossible qu'il y ait annoncé un changement au calendrier des soumissions à des entrepreneurs, puisque cela a plutôt été décidé à un sommet, en 2001, et que le cocktail a eu lieu en 1999.

«Il s'est donné de l'importance. Il a menti par orgueil. C'est complètement faux; c'est faux», s'est exclamé le bouillant ex-ministre en parlant de Gilles Cloutier.

Il a qualifié de «loufoques», «farfelus» et «impensables» les propos de M. Cloutier.

M. Chevrette a aussi nié avoir «fait du confessionnal 5 minutes comme a dit Cloutier; c'est du mensonge; c'est très grave de dire ça, c'est du libelle; ce n'est pas vrai, pas du tout», a martelé l'ex-ministre. M. Cloutier avait mentionné que M. Chevrette s'était entretenu quelques minutes avec les entrepreneurs qui avaient des récriminations, des demandes.

Financement

M. Chevrette, qui a lui-même fait de l'organisation, incluant du financement, pour le Parti québécois, a admis avoir fait du financement «de milieu de vie», c'est-à-dire de la sollicitation de dons auprès d'employés d'entreprises. En vertu de la loi, les entreprises ne peuvent donner aux partis politiques.

Il a précisé que c'est Jacques Parizeau, à la veille du référendum de 1995, qui avait demandé si c'était possible de faire de la sollicitation légalement, puisqu'il devait bien y avoir des ingénieurs et architectes péquistes.

M. Chevrette a souligné que lorsqu'un ministre est ainsi appelé à prendre la parole lors d'un cocktail pour amasser des fonds pour le parti, il ne sait généralement pas combien de personnes il y aura, il ne sait pas non plus combien coûtent les billets et il ignore qui y assistera.

«J'aurais bien aimé avoir un UPAC (Unité permanente anticorruption) pour dire 'ne donne donc pas la main à untel; c'est un pas bon'. J'ai su, en suivant vos travaux... Il y a des 'bettes' que j'ai déjà rencontrées, mais je ne savais ce qu'ils faisaient. Ils se présentent de la compagnie unetelle», a fait valoir M. Chevrette.

Selon l'homme politique, qui a 25 ans d'expérience, le Parti québécois n'a jamais eu d'objectif de financement précis ou plus élevé donné à ses ministres, de quotas. Des chiffres étaient toutefois basés sur le nombre de membres du parti, en tenant compte du fait qu'il s'agissait d'une région défavorisée ou non, a-t-il précisé.

Quant à la route Saint-Donat_Lac Supérieur, construite alors que les fonctionnaires du MTQ ne la jugeaient pas utile, l'ex-ministre des Transports l'a justifiée par le développement économique régional.

Plus tôt cette semaine, un autre témoin avait affirmé à la commission que la route avait plutôt une vocation récréotouristique et n'était encore que peu fréquentée.

M. Chevrette a admis que certains contrats ou projets sont donnés pour des raisons de développement économique, comme le développement minier ou touristique, et pas seulement pour des motifs de circulation routière.

Il poursuivra son témoignage vendredi.

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