NOUVELLES

Vietnam: 4 arrestations après des soupçons de corruption liée à l'aide japonaise

07/05/2014 01:24 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Quatre responsables des chemins de fer vietnamiens ont été arrêtés après des allégations concernant des commissions occultes versées par un cabinet de consultants japonais dans le cadre d'un projet ferroviaire à Hanoï, essentiellement financé par l'aide nippone, a annoncé la presse officielle mercredi.

Tran Quoc Dong, directeur général adjoint des chemins de fer, a été interpellé pour "avoir échoué à assumer ses responsabilités, provoquant des conséquences graves", selon le quotidien Tuoi Tre.

Trois autres responsables ont été placés en détention pour avoir abusé de leur pouvoir, a-t-il ajouté, sans préciser la date de ces arrestations.

En mars, Japon Transport Consultants (JTC) avait indiqué avoir ouvert une enquête interne après la publication d'informations de presse affirmant que la justice avait interrogé son PDG, Tamio Kakinuma, sur cette affaire.

D'après le quotidien à grand tirage Yomiuri Shimbun, M. Kakinuma aurait admis le versement de pots-de-vin et signé des aveux. Il aurait reconnu que JTC avait versé de l'argent à des fonctionnaires au Vietnam, en Indonésie et en Ouzbékistan, en précisant les dates et montants en jeu.

Les paiements illicites se seraient étalés en 40 échéances de février 2008 à février 2014, totalisant 130 millions de yens (un peu moins d'un million d'euros).

Quelque 80 millions de yens auraient notamment été payés à des fonctionnaires vietnamiens des chemins de fer en échange d'une commande de 4,2 milliards de yens. Le projet au Vietnam concerne la construction de voies ferrées urbaines à Hanoï.

Le Vietnam a promis de coopérer avec les autorités japonaises pour faire la lumière sur cette affaire et punir les coupables.

Le Japon est le premier pays donateur du Vietnam avec 2,6 milliards de dollars d'aide publique au développement promise pour 2013.

En décembre 2008, Tokyo avait suspendu son aide au Vietnam pendant quatre mois à cause d'un scandale similaire à la suite duquel le chef adjoint du Département des Transports de Ho Chi Minh-Ville (sud, ex-Saïgon) Huynh Ngoc Sy avait été condamné à 20 ans de prison.

Sy était accusé d'avoir reçu en 2003 un pot-de-vin de 262.000 dollars de la société Pacific Consultants International (PCI), basée à Tokyo, dans le cadre d'un projet d'autoroute financé par l'aide japonaise.

Le Vietnam est classé parmi les pays les plus corrompus de la planète.

tmh-apj/abd/dth/jh

PLUS:hp