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Syrie: Homs, centre économique, ville stratégique et "capitale de la révolution"

07/05/2014 10:00 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

La ville syrienne de Homs, que le régime est sur le point de reprendre totalement après trois ans de guerre, occupe une position stratégique dans le pays, constitue un poids-lourd économique et fut le symbole de la révolte contre le régime.

Elle fut à la fois la "capitale de la révolution", le lieu où a commencé la lutte armée contre le régime, la ville où la violence confessionnelle a atteint son paroxysme et là où les rebelles ont subi leur plus long siège.

"Celui qui contrôle Homs contrôle la Syrie car ce pays est constitué de trois anneaux, le sud, le nord-est le centre. Enlevez celui du milieu et le collier se brise", avait expliqué en 2012 à l'AFP Ghassan Abdel Al, à l'époque gouverneur de cette province, pour justifier la reprise par les forces gouvernementales du quartier de Baba Amr, qui était aux mains des rebelles.

La province éponyme se trouve non seulement au centre du pays mais ses frontières administratives s'étendent du Liban à l'ouest à l'Irak à l'est et représente un important centre routier.

Il s'agit aussi du "troisième centre économique du pays après Damas et Alep, même si l'économie est aujourd'hui paralysée", explique Jihad Yazigi, directeur de la principale revue économique en ligne The Syria report.

Homs est en effet un centre agroalimentaire de première importance et possède une importante raffinerie. Mais c'est surtout par cette ville que passent les oléoducs et gazoducs de Syrie qui relient les champs pétroliers et gaziers de l'est vers les raffineries de l'ouest.

Ironie de l'histoire, c'est précisément sous le sol de Baba Amr, où a eu lieu la première bataille entre régime et rebelles, que ces canalisations passaient.

Ce fut ainsi dans ce quartier que la contestation s'est transformée en conflit armé. Depuis la victoire du régime en mars 2012, ce secteur n'est plus qu'un champ de ruines, une cité fantôme, où ne vivent que quelques familles.

- Le plus long siège -

Dès le début de la contestation, qui a été vite réprimée dans le sang, cette ville de 800.000 habitants a été le théâtre des plus grandes manifestations contre Bachar al-Assad avec des centaines de milliers de personnes sur la place de l'Horloge, au point qu'elle fut surnommée par les militants "la capitale de la révolution".

Mais c'est aussi là que le conflit confessionnel a atteint son paroxysme. Avant le début de la crise en 2011, la ville comptait 800.000 habitants --65% de sunnites, 25% d'alaouites, 7% de chrétiens et 3% de chiites et d'ismaéliens.

En novembre 2011, un journaliste de l'AFP avait vu à l'hôpital général de la ville trois camions frigorifiques avec 80 cadavres défigurés, souvent les mains attachées et décapités à la hache, abattus d'une balle dans la tête ou étranglés.

Les exécutions sommaires se faisaient sur la base des noms de famille ou des noms des quartiers car les communautés ne se mélangeaient pas en général, surtout entre sunnites et alaouites, la communauté dont est issu le chef de l'Etat.

Aujourd'hui, les principaux quartiers sunnites sont vides alors que les magasins sont ouverts dans les secteurs alaouites et chrétiens. La majorité des sunnites, communauté à laquelle appartiennent la majorité des rebelles, se sont réfugiés dans le quartier Waër, à la périphérie de la ville, contrôlé par les insurgés.

C'est aussi à Homs que les rebelles ont soutenu le plus long siège. Malgré la disette et les bombardements, ils sont restés dans des maisons en ruines sans que l'armée puisse se saisir de leur quartier. C'est à bout de force qu'ils ont négocié récemment un accord pour quitter la ville "en y laissant leur âme" selon les dires d'un insurgé.

bur/sk/vl

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