POLITIQUE

Le Sénat rejette la plainte pour harcèlement déposée contre le sénateur Colin Kenny

07/05/2014 07:37 EDT | Actualisé 07/05/2014 07:37 EDT
PC

Le Sénat a pris la décision, mercredi, d'accepter le rapport de l'enquêteuse Deborah Jelly qui rejette les allégations de harcèlement sexuel et d'abus d'autorité portées par une ex-adjointe envers le sénateur Colin Kenny.

La Chambre haute avait mandaté la firme Glencastle Security d'Ottawa pour faire la lumière sur les allégations de Pascale Brisson contre M. Kenny.

L'enquêteuse, qui avait été chargée du dossier, a établi à la suite de son investigation, qu'en l'absence de preuve tangible, l'accusé devait être reconnu innocent et par conséquent « qu'aucun cas de harcèlement ne s'est produit ».

Dans une lettre adressée au président du Sénat, Noel A. Kinsella, la whip du gouvernement, Elizabeth Marshall, et le whip de l'Opposition, Jim Munson, ont indiqué qu'ils acceptaient la conclusion de Mme Jelly.

Un dossier clos

Cette décision permet de clore un dossier que les sénatrices conservatrices, Marjory LeBreton et Linda Frum, auraient aimé voir aller plus loin.

Il se trouve que des témoins favorables à l'ex-adjointe du sénateur Kenny, n'ont pas été interviewés.

De plus, des femmes qui voulaient témoigner de leurs mauvaises expériences avec M. Kenny, ont été incapables de le faire.

« C'est une experte et elle devait respecter des standards précis. Elle a procédé à des entrevues et selon elle, il n'y avait pas lieu de conclure qu'il y avait bien eu du harcèlement. » — Elizabeth Marshall, whip du gouvernement

Dans le courrier des whips, il est mentionné que l'enquêteuse a rencontré les témoins qui étaient en mesure de « présenter des preuves pertinentes ».

Le sénateur Colin Kenny s'était retiré du caucus libéral depuis le 13 novembre dernier, en attendant les conclusions de cette enquête. Il n'a pas encore été décidé s'il allait réintégrer ce dernier.

Des allégations sérieuses

Pascale Brisson avait porté plainte contre Colin Kenny en vertu de la Politique du Sénat sur la prévention et le règlement du harcèlement en milieu de travail.

Mme Brisson soutenait en outre que le sénateur lui avait formulé des commentaires sur ses tenues, notamment pour lui demander de porter des talons hauts.

La plaignante affirmait aussi que M. Kenny lui avait déjà mis la main autour de la taille et qu'une fois, il l'avait appelée de Washington pour lui dire qu'il l'imaginait sur le bord de sa piscine en maillot de bain.

En outre, des reportages de Radio-Canada ont fait état d'au moins dix cas de femmes qui allèguent avoir été harcelées au fil des ans par le sénateur.

« Ces femmes devront se tourner vers la police ou présenter ses allégations devant la Commission canadienne des droits de la personne. » — Jim Munson, whip de l'Opposition

L'ex-adjointe alléguait par ailleurs qu'elle passait la moitié de sa journée à faire des tâches qui n'avaient rien à voir avec son travail au Sénat.

Les whips entendent transmettre ces renseignements au comité de la régie interne du Sénat mais pas au Vérificateur général.

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