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Otages de Boko Haram: Paris "fera tout pour aider le Nigeria", et propose une équipe spécialisée

07/05/2014 11:03 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

La France "fera tout pour aider le Nigeria" à retrouver les jeunes filles enlevées mi-avril dans le nord-est du pays par la secte islamiste Boko Haram, et a proposé "une équipe spécialisée" dans ce but, ont indiqué mercredi les autorités françaises.

Le président François Hollande a rappelé en Conseil des ministres que la France "ferait tout pour aider le Nigeria à pourchasser ce groupe et à retrouver les otages qui ont été enlevés", selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Avec cet enlèvement, "on a affaire à un des terrorismes les plus atroces puisqu'il s'agit de prises d'otages d'enfants avec trafic d'enfants derrière", a-t-il ajouté.

Un peu plus tard, devant les députés, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a précisé que Paris avait proposé au Nigeria "une équipe spécialisée" pour aider à retrouver les quelque 220 lycéennes enlevées mi-avril dans le Nord-Est;

"Le président (Hollande) nous a donné l'instruction, au ministre de la Défense et à moi-même, dès la commission de ce crime, de mettre les "services" (de renseignement) à la disposition du Nigeria et des pays voisins. Ce matin même, il nous a demandé de prendre contact avec le président du Nigeria (Goodluck Jonathan) pour lui dire qu'une équipe spécialisée avec tous nos moyens de la région était à la disposition du Nigeria, pour aider à la recherche et à la récupération de ces jeunes filles", a-t-il dit sans plus de précisions.

Dans l'entourage du président, on précise que la France est en mesure d'aider les autorités nigérianes dans le cadre de la coopération entre les deux pays en matière "d'échanges d'information et de renseignement".

Lors d'une visite officielle au Nigeria le 27 février, M. Hollande avait assuré aux autorités de ce pays : "Votre combat (contre Boko Haram) est aussi le nôtre, et nous serons toujours prêts à vous apporter non seulement notre soutien politique mais notre concours chaque fois qu'il sera nécessaire".

Boko Haram a revendiqué lundi l'enlèvement sans précédent de plus de 220 lycéennes, le 14 avril dans le Nord-Est du Nigeria, et menacé de les vendre comme "esclaves" et de les "marier" de force, provoquant une indignation mondiale. Onze autres jeunes filles ont été enlevé par Boko Haram dimanche dans l'Etat de Borno, fief de Boko Haram.

Boko Haram ("l'éducation occidentale est péché" en haoussa, la langue la plus parlée dans le nord du Nigeria), qui a multiplié les attaques sanglantes ces dernières semaines, est à l'origine une secte qui séduit la jeunesse désoeuvrée du nord du pays avec un discours critique vis-à-vis d'un régime nigérian corrompu.

Ses violences qui visent autant musulmans que chrétiens se sont largement étendues dans trois Etats du nord-est depuis l'instauration de l'état d'urgence en mai 2013 et l'offensive de l'armée, très brutale, qui commet nombre de massacres et bombarde des villages soupçonnés d'abriter des membres de Boko Haram. En réponse, la secte rase des villages entiers soupçonnés de collaborer avec l'armée.

Son chef Abubakar Muhammad Shekau est considéré comme un "terroriste à l'échelle mondiale" par les Etats-Unis.

Le président Barack Obama a affirmé mardi que l'enlèvement des lycéennes constituait une "situation révoltante", et souhaité une "mobilisation internationale" contre Boko Haram.

Il a déclaré qu'une équipe d'experts américains avait déjà été envoyée sur place pour aider les autorités nigérianes à retrouver les jeunes filles enlevées.

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