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Moscou dit avoir replié ses troupes de la frontière avec l'Ukraine

07/05/2014 08:41 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

MOSCOU - La Russie a retiré les troupes déployées le long de la frontière avec l'Ukraine, a indiqué mercredi à des diplomates le président Vladimir Poutine, au moment où il demandait aux insurgés actifs dans l'est ukrainien de reporter à plus tard le référendum sur l'autonomie prévu pour dimanche.

Lors d'une rencontre à Moscou avec le président suisse Didier Burkhalter, M. Poutine a déclaré que les forces russes ont été rappelées à leurs terrains d'entraînement pour des «manoeuvres habituelles», mais il n'a pas précisé si ces terrains se trouvent à proximité de l'Ukraine.

M. Poutine a aussi demandé à l'armée ukrainienne de suspendre toutes les opérations contre les militants prorusses qui se sont emparés d'édifices gouvernementaux et de commissariats de police dans au moins une dizaine ville de l'est de l'Ukraine.

L'Ukraine a lancé, la semaine dernière, une opération pour reprendre les immeubles et les villes contrôlés par les insurgés. Au moins 35 personnes, dont plusieurs rebelles, ont perdu la vie.

Plusieurs craignent que le vote de dimanche ne donne lieu à de nouveaux affrontements entre les rebelles et les soldats ukrainiens. La Russie a annexé la région de la Crimée, sur la mer Noire, en mars dernier, après que ses habitants aient majoritairement voté en faveur de la sécession.

«Nous croyons que la chose la plus importante est l'ouverture d'un dialogue direct entre les autorités de Kiev et les représentants du sud-est de l'Ukraine, a dit M. Poutine. Nous demandons donc aux représentants du sud-est de l'Ukraine, aux partisans de la fédéralisation du pays, de reporter le référendum du 11 mai pour mettre en place les conditions nécessaires à un tel dialogue.»

En dépit des commentaires de M. Poutine, des militants qui disent appartenir à la République populaire de Donetsk ont annoncé leur intention d'aller de l'avant avec le référendum.

M. Poutine a lancé que le vote présidentiel du 25 mai est un «pas dans la bonne direction», avant d'ajouter que ses discussions avec M. Burkhalter, qui préside également l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, lui ont démontré que «nos approches (envers l'Ukraine) coincident».

Le leader russe a de nouveau répété que des réformes constitutionnelles doivent précéder tout vote national en Ukraine.

À Berlin, le candidat présidentiel de premier plan Petro Poroshenko a déclaré mercredi que certains insurgés ne semblent comprendre que le langage de la force.

L'homme d'affaires milliardaire, qui a fait fortune dans le chocolat, devait rencontrer la chancellière allemande Angela Merkel. Il a déclaré que le retour de la loi et l'ordre dans l'est du pays sera sa priorité, et qu'il souhaite améliorer la santé économique de cette région.

M. Poroshenko a prévenu qu'il témoignera d'une «tolérance zéro» pour les insurgés armés, tout en concédant qu'il serait prêt à négocier une décentralisation des pouvoirs en Ukraine et à organiser un référendum, pour autant que celui-ci soit libre et juste.

Deux diplomates de premier plan — le sous-secrétaire-général des Nations unies pour les affaires politiques, Jeffrey Feltman, et le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague — étaient à Kiev mercredi pour des entretiens avec le leadership ukrainien.

Lors d'une entrevue accordée à la BBC, M. Hague a de nouveau accusé la Russie d'alimenter et même de coordonner l'instabilité qui frappe l'est de l'Ukraine depuis plusieurs semaines.

Enfin, le sous-secrétaire américain du Trésor, David Cohen, a admis mercredi que les sanctions imposées à la Russie ont également des répercussions aux États-Unis et en Europe. Ainsi, le géant pétrolier BP, qui détient une participation de 20 pour cent dans l'entreprise Rosneft, ressent des contre-coups importants des sanctions infligées à cette dernière.

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