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Les Sud-Africains votent massivement aux législatives, l'ANC favori

07/05/2014 12:57 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

L'ANC, au pouvoir en Afrique du Sud depuis vingt ans, est le grand favori des élections législatives de mercredi, même si le taux de participation très élevé pourrait bénéficier d'abord à l'opposition, selon des analystes.

Ce scrutin est le premier depuis la mort en décembre de Nelson Mandela, le premier président noir du pays. C'est aussi le premier auquel ont pris part les jeunes nés après la chute du régime ségrégationniste de l'apartheid en 1994, la génération des "born free" ("nés libres").

A 17H00 (15H00 GMT), soit quatre heures avant la fermeture officielle des bureaux de vote, la présidente de la Commission électorale Pansy Tlakula a fait un premier point. "Notre problème le plus pressant actuellement, c'est une participation extrêmement forte, particulièrement dans les zones urbaines", a-t-elle déclaré, sans toutefois donner un chiffre.

Selon des projections de l'institut Ipsos, une participation élevée serait préjudiciable à l'ANC. Le score du parti au pouvoir pourrait varier de plus ou moins 5% en fonction de la participation.

Plusieurs partis d'opposition se partageraient le gain, selon ces projections, dont l'Alliance démocratique (DA), qui vise un score au dessus des 20%. Le petit parti radical EFF (Combattants pour la liberté économique) de Julius Malema devrait aussi bénéficier d'une forte participation.

Dans tous les scénarios, l'ANC est cependant créditée d'au moins 60% des suffrages.

Accusé de corruption et d'incompétence par l'opposition, l'ANC reste le parti de coeur de millions de Sud-Africains, qui estiment que c'est à la formation politique de Mandela qu'ils doivent leur liberté.

"C'est merveilleux, merveilleux!"

Parmi les "born free" rencontrés par l'AFP à Soweto, autrefois un haut lieu de la lutte anti-apartheid, la fidélité à l'ANC était d'ailleurs la règle. "J'ai voté ANC parce que c'est eux qui ont fourni la majorité des gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, qui sont allés en prison et qui ont oeuvré sans relâche pour libérer notre pays", expliquait Katlego Mafereka, un étudiant en finances de 19 ans.

L'électorat traditionnel de l'ANC a semblé peu ému par les scandales qui ont émaillé le premier quinquennat du président Zuma. Le dernier en date étant la rénovation de sa résidence privée aux frais du contribuable pour 15 millions d'euros. Surtout, le chef de l'Etat a pour beaucoup du sang sur les mains depuis que sa police a ouvert le feu sur des grévistes à la mine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts.

Certains, comme l'archevêque Desmond Tutu, avaient fait savoir depuis longtemps qu'ils ne voteraient pas ou plus pour le parti au pouvoir, dénonçant "une société où les enfants vont se coucher le ventre creux". Mais tous se réjouissaient de pouvoir faire usage d'un droit qui lui avait été si longtemps dénié.

"Je suis si content de pouvoir voter", a lancé le prix Nobel de la paix en votant au Cap. "Je pense à l'Ukraine, au Soudan du Sud et à toutes les choses qui se passent là-bas, et nous pouvons toujours voter relativement pacifiquement. C'est merveilleux, merveilleux".

Plus de 25,3 millions d'électeurs devaient élire 400 députés, qui eux-mêmes désigneront le prochain chef de l'Etat le 21 mai. A 72 ans, le président Jacob Zuma devrait être reconduit pour un second mandat de cinq ans.

La journée de vote s'est déroulée dans le calme et sans incidents notables, bien que les semaines précédant le scrutin aient été émaillées de nombreux épisodes de violence urbaine dans les bidonvilles et les quartiers les plus pauvres. L'armée a été déployée dans certaines zones.

A Bekkersdal, un township du sud-ouest de Johannesburg, des émeutes ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Deux bureaux de vote sous toile ont été incendiées. Mais le vote a quand même pu commencer à l'heure mercredi matin, de nouvelles tentes ayant été érigées à la hâte au petit jour.

"Je suis ici pour voter pour mon avenir. Je m'en fiche de ce qui s'est passé ici hier (mardi soir). Je ne vais pas les laisser m'empêcher" de voter, témoignait Nosihle Zikalala, devant ce bureau de vote improvisé où, au petit matin, des électrices dansaient en brandissant leurs cartes d'identité.

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