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Les Sud-Africains ont voté massivement aux législatives, l'ANC favori

07/05/2014 03:20 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Les Sud-Africains se sont massivement déplacés mercredi pour participer aux 5èmes élections législatives depuis la chute de l'apartheid en 1994, qui devraient voir une large victoire de l'ANC au pouvoir depuis vingt ans, malgré les vagues de colère sociale qui agitent le pays depuis des mois.

Ce scrutin est le premier depuis la mort en décembre de Nelson Mandela, le premier président noir du pays. C'est aussi le premier auquel ont pris part les jeunes nés après la chute du régime ségrégationniste de l'apartheid en 1994, la génération des "born free" ("nés libres").

La participation est "extrêmement élevée", a annoncé la Commission électorale -- sans donner de chiffre --à 17H00 (15H00 GMT), soit quatre heures avant la fermeture officielle des bureaux de vote.

Selon des analystes, une très forte participation serait le signe d'une mobilisation de l'opposition, et annoncerait probablement un score moins élevé que prévu pour l'ANC. Selon des projections de l'institut Ipsos, le score du parti au pouvoir pourrait varier de plus ou moins 5% en fonction de la participation.

Plusieurs partis d'opposition se partageraient le gain, selon Ipsos, dont l'Alliance démocratique (DA), qui vise un score au dessus des 20%. Le petit parti radical EFF (Combattants pour la liberté économique) de Julius Malema devrait aussi bénéficier d'une forte participation.

Dans tous les scénarios, l'ANC est cependant créditée d'au moins 60% des suffrages.

Accusé de corruption et d'incompétence par l'opposition, l'ANC reste pourtant le parti de coeur de millions de Sud-Africains, qui estiment que c'est à la formation politique de Mandela qu'ils doivent leur liberté.

Parmi les "born free" rencontrés par l'AFP à Soweto, autrefois un haut lieu de la lutte anti-apartheid, la fidélité à l'ANC était d'ailleurs la règle. "J'ai voté ANC parce que c'est eux qui ont fourni la majorité des gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, qui sont allés en prison et qui ont oeuvré sans relâche pour libérer notre pays", expliquait Katlego Mafereka, un étudiant en finances de 19 ans.

- "C'est merveilleux, merveilleux!" -

La déception était pourtant visible dans certains fiefs du parti. A Munyangani, au coeur de la brousse du Limpopo (nord), l'ANC avait recueilli 99% des suffrages en 2009. Cette année, au moins une vingtaine des 222 électeurs inscrits ont fait savoir qu'ils voteraient pour l'EFF, qui promet nationalisation des mines et des banques et redistribution radicale des richesses.

"Nous voulons que cette région se développe. L'ANC ne fait rien pour nous", se plaint Lucky Malatji, chômeur de 24 ans et militant local du parti de Malema.

Globalement, l'électorat traditionnel de l'ANC a pourtant semblé peu ébranlé par les scandales qui ont émaillé le premier quinquennat du président Zuma. Le dernier en date étant la rénovation de sa résidence privée aux frais du contribuable pour 15 millions d'euros. Surtout, le chef de l'Etat a pour beaucoup du sang sur les mains depuis que sa police a ouvert le feu sur des grévistes à la mine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts.

Certains, comme l'archevêque Desmond Tutu, avaient fait savoir depuis longtemps qu'ils ne voteraient pas ou plus pour le parti au pouvoir, dénonçant "une société où les enfants vont se coucher le ventre creux". Mais tous se réjouissaient de pouvoir faire usage d'un droit qui lui avait été si longtemps dénié.

"Je suis si content de pouvoir voter", a lancé le prix Nobel de la paix en votant au Cap. "Je pense à l'Ukraine, au Soudan du Sud et à toutes les choses qui se passent là-bas, et nous pouvons toujours voter relativement pacifiquement. C'est merveilleux, merveilleux!"

Près de 25,4 millions d'électeurs devaient élire 400 députés, qui eux-mêmes désigneront le prochain chef de l'Etat le 21 mai. A 72 ans, le président Jacob Zuma devrait être reconduit pour un second mandat de cinq ans.

La journée de vote s'est déroulée dans le calme et sans incidents notables, bien que les semaines précédant le scrutin aient été émaillées de nombreux épisodes de violence urbaine dans les bidonvilles et les quartiers les plus pauvres.

Les manifestions ont généralement pour point de départ la mauvaise qualité des services publics, notamment la distribution d'eau et d'électricité.

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