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Le NPD espère au moins augmenter son nombre de sièges avec Andrea Horwath

07/05/2014 04:48 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Andrea Horwath prend part à sa deuxième campagne électorale à titre de chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) en Ontario, un scrutin qu'elle a provoqué en retirant finalement son soutien au gouvernement libéral minoritaire après l'avoir sauvé pendant deux ans et demi.

«Je ne peux pas en toute conscience soutenir un gouvernement auquel les gens ne font plus confiance», a dit Mme Horwath en annonçant avoir elle-même perdu confiance envers la première ministre Kathleen Wynne et les libéraux.

Une défaite ne signifierait pas la voie de sortie pour Mme Horwath, comme cela semble être le cas pour le chef progressiste-conservateur Tim Hudak, mais la chef du NPD est consciente de risquer beaucoup en forçant des élections qui pourraient porter au pouvoir un gouvernement progressiste-conservateur beaucoup moins disposé à conclure des ententes avec les néo-démocrates.

«Il est temps pour les gens de prendre une décision, a-t-elle fait valoir. Ils ont désormais un choix à faire, et je leur fais confiance.»

Bien que les néo-démocrates disent toujours vouloir former le prochain gouvernement, Mme Horwath ressent surtout la pression d'accroître au moins le nombre de sièges du NPD au-delà des 21 qu'il détenait à la dissolution de l'Assemblée.

Mme Horwath marchait sur une corde raide depuis les élections de l'automne 2011, condamnant les libéraux — tout en votant à Queen's Park pour les maintenir au pouvoir — alors que les révélations se multipliaient sur la facture de 1,1 milliard $ pour annuler deux projets de centrales thermiques, et une enquête policière sur le service d'ambulances aérien Ornge.

Certains néo-démocrates craignent d'être blâmés pour avoir maintenu les libéraux au pouvoir trop longtemps, particulièrement pour avoir attendu après le dépôt d'un budget faisant somme toute l'affaire du NPD.

Mme Horwath s'est adressée directement aux électeurs en disant que sa décision n'était pas seulement fondée sur le récent budget mais aussi sur les multiples scandales qui ont éclaboussé les libéraux.

«Le temps du changement est venu, a-t-elle exprimé. Vous avez droit à un meilleur gouvernement, un gouvernement qui reconnaît la valeur de l'argent des contribuables, un gouvernement qui rend la vie plus abordable.»

Le style allumé et la répartie de Mme Horwath avaient contribué à donner sept sièges de plus au NPD lors des élections générales de 2011, et le parti en a décrochés plusieurs autres lors d'élections complémentaires. Toutefois, lors de la campagne actuelle, Mme Horwath n'est plus la seule femme chef de parti, et ne représente plus un nouveau visage sur la scène politique.

Mme Horwath, âgée de 51 ans, initiée très jeune aux questions syndicales par son père, alors travailleur dans le secteur automobile, a longtemps oeuvré auprès des mouvements ouvrier et syndical. Aux élections de 2011, certains purs et durs du NPD lui avaient reproché un discours tentant de répondre davantage aux attentes des entreprises, dans le but de recentrer le parti et d'améliorer ses chances de former le gouvernement.

«Il n'y a pas, dans ce budget, de plan pour récompenser les créateurs d'emploi ou pour donner du répit aux petites entreprises», a-t-elle déclaré la semaine dernière après le dépôt du budget libéral.

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