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Le Japon pourrait doper son PIB de 12,5% s'il comblait l'inégalité hommes/femmes (étude)

07/05/2014 06:13 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Le Japon pourrait doper de 12,5% son produit intérieur brut (PIB) s'il élevait le taux d'activité des femmes au niveau de celui des hommes, a affirmé une étude de la banque américaine Goldman Sachs.

Ces données font échos aux promesses répétées du Premier ministre japonais Shinzo Abe de soutenir l'activité des femmes au travail, dans l'intérêt de la troisième puissance économique mondiale.

"Si le taux d'activité des femmes constaté en 2013 (62,5%) augmentait pour rejoindre celui des hommes (80,6%), cela ajouterait 7,1 millions d'employées à la main d'oeuvre" japonaise, a expliqué Goldman Sachs dans un rapport publié cette semaine.

"Nous estimons que le PIB du Japon pourrait augmenter jusqu'à 12,5%" par rapport à son niveau actuel, a calculé la banque. En comparaison des autres pays étudiés par ses soins sur ce sujet, le Japon est une des nations dont le potentiel de croissance est le plus élevé, bien que la Grèce (+18%) et l'Italie (+16%) aient un potentiel de croissance encore plus important.

Le Premier ministre de droite Shinzo Abe a fait de l'augmentation du taux d'activité des femmes un des pans de sa stratégie de relance de la croissance du pays, surnommée "Abenomics". De passage en France ces derniers jours, M. Abe a visité lundi une crèche à Paris en compagnie de la maire de la capitale, la socialiste Anne Hidalgo. Les lieux d'accueil pour la petite enfance en France sont souvent montrés en exemple au Japon, où les places font défaut.

M. Abe a promis d'élever la proportion de femmes aux postes de responsabilités à 30% d'ici 2020, contre 11% à l'heure actuelle dans le secteur privé et encore moins dans le secteur public.

Les économistes soulignent que les Japonaises, souvent dotées d'un haut niveau de formation, représentent un potentiel largement sous-exploité dans l'archipel, où une large majorité de femmes quitte leur emploi à la naissance d'un enfant, souvent sans y retourner.

Le dilemme souvent posé aux femmes de choisir entre leur carrière et l'enfantement est une des raisons du faible taux de fécondité au Japon - autour de 1,4 enfant par femme en moyenne.

Goldman Sachs, qui avait sorti un rapport du même type en 2010, prévient que la courbe démographique déclinante du pays risque d'entraîner "une récession économique et un abaissement général du niveau de vie", à moins que le Japon n'engage des réformes radicales pour remédier à ce problème.

mis/hg/pn/ros

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