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France: 20 ans de prison pour avoir tué sa femme de 47 coups de couteau

07/05/2014 02:12 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

La justice française a condamné mercredi à vingt ans de prison un homme qui avait tué sa femme de 47 coups de couteau en pleine rue et sous les yeux des passants.

Le ministère public demandait 30 ans de réclusion contre Egidio Rech, 47 ans, jugé par la cour d'assises du Val-d'Oise, près de Paris, après le meurtre de sa femme en juillet 2011 à Argenteuil.

"C'est un crime abominable", "un acte monstrueux", avait souligné l'avocate générale Valérie Dervieux dans ses réquisitions en énumérant un à un les coups de couteau portés à Karima, mère de famille de 42 ans, décédée "entre deux voitures, sur le trottoir".

"Ce drame a durablement marqué les esprits", avait insisté la représentante du ministère public, avant de critiquer l'attitude de l'accusé, peu démonstratif lors du procès: "le seul qui n'ait pas l'air traumatisé, c'est lui".

Le 17 juillet 2011, Egidio Rech avait eu une violente dispute avec son épouse, rencontrée un an auparavant sur internet. Pris d'un accès de rage, il avait saisi un couteau et l'avait violemment frappée, d'abord dans la cuisine puis dans la rue, où elle avait tenté de fuir. Des riverains avaient essayé de s'interposer en vain, avec des bâtons et ceintures.

"Il s'acharnait sur elle. Le geste ressemblait à quelqu'un qui casse de la glace", a raconté un témoin, décrivant une scène d'"horreur".

Lors de l'audience, l'accusé, regard calme et voix posée, a dit regretter son geste, lié à son état "dépressif" et aux difficultés rencontrées avec son épouse, qui lui avait annoncé son intention de divorcer quelques mois seulement après leur mariage.

Mon client "n'a jamais été quelqu'un de violent. Entre ce geste et la personnalité de l'accusé, il y a un fossé abyssal", a assuré pour sa part l'avocat du quadragénaire, Me Frédéric Aguillon. "Il a une personnalité psychologiquement fragile", a-t-il ajouté.

Prenant une dernière fois la parole, le quadragénaire a demandé "pardon" aux enfants et à la famille de son épouse, reconnaissant que cela pouvait paraître "indécent". "Karima, je l'aimais, comme je n'ai jamais aimé avant", a-t-il affirmé.

Selon une étude publiée mercredi par les ministères de l'Intérieur et des Droits des femmes, la violence conjugale a fait 146 morts en France en 2013, dont 25 hommes et 121 femmes, victimes de leurs compagnons ou ex-compagnons.

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