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Au moins 80 personnes tuées par de l'alcool frelaté au Kenya (officiel)

07/05/2014 11:53 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Au moins 80 personnes sont mortes depuis lundi dans plusieurs régions du Kenya, après avoir consommé de l'alcool frelaté, ont annoncé mercredi les autorités kényanes.

Le bilan des victimes de "la consommation d'alcool illégal" est passé à 80 morts, a annoncé le Centre kényan de gestion des catastrophes (NDOC), "l'enquête se poursuit pour découvrir l'origine des boissons".

Le ministère kényan de l'Intérieur a indiqué que plus de 180 personnes restaient hospitalisées mercredi. Deux suspects, soupçonnés d'avoir vendu l'alcool en cause, ont été arrêtés et des "échantillons de l'alcool mortel a été saisi (...) pour analyses", a poursuivi le ministère dans un communiqué.

"Nous ne savons toujours pas ce que contenait ce que (les victimes) ont consommé", a déclaré à l'AFP le docteur Gerald Ndiritu, responsable de l'hôpital d'Embu, à environ 130 km au nord-est de Nairobi, zone où le plus grand nombre de victimes - 35 morts - a été recensé.

Le Dr John Kariuki, médecin d'un hôpital de Kiambu, à une quinzaine de kilomètres au nord de Nairobi, a indiqué traiter les patients pour un empoisonnement au méthanol, alcool très toxique utilisé notamment comme solvant dans les peintures ou vernis.

"Ceux qui sont arrivés se plaignaient d'intenses douleurs abdominales, vomissaient et avaient des troubles de la vision", a-t-il expliqué à l'AFP.

Ces intoxications mortelles ont été recensées depuis lundi matin dans divers cantons au nord, à l'est et au sud-est de Nairobi, séparés d'une centaine de kilomètres l'un de l'autre. Outre Embu, 20 morts ont été enregistrés dans le canton de Kiambu, 18 dans celui de Makueni, à environ 180 km au sud-est de Nairobi, sept dans celui de Kitui, à 180 km à l'est de la capitale, selon le NDOC.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si l'alcool en cause était le même dans chacune de ces régions.

"Nous essayons de déterminer l'origine de cet alcool. L'enquête est en cours pour déterminer où et comment il a été préparé", avait expliqué lundi matin à l'AFP une porte-parole de la police, Zipporah Mboroki.

La consommation d'alcool artisanal, habituellement distillé à partir de maïs fermenté ou de sorgho et vendu illégalement, est très répandue au Kenya, notamment dans les quartiers pauvres et les bidonvilles, en raison de son prix très bas.

Certains producteurs peu scrupuleux y ajoutent du méthanol ou autres produits toxiques pour augmenter le taux d'alcool. Ces alcools frelatés ont déjà fait de nombreux morts dans le pays.

En 2005, 51 personnes étaient mortes dans le sud-ouest du Kenya, après avoir consommé une boisson qui s'est avérée être composée à près de 95% de méthanol, le reste étant de l'eau.

En 2000, au moins 134 personnes avaient succombé, parfois en moins de deux heures, à la consommation d'un alcool frelaté, également à base de méthanol, vendu dans les bidonvilles de Nairobi. Plus de 500 personnes avaient été hospitalisées dont une vingtaine avaient perdu irrémédiablement la vue.

En 2005, le président Mwai Kibaki avait annoncé une série de mesures et lancé une vaste campagne pour fermer les débits de boisson clandestins.

Mardi, le gouvernement kényan a appelé la police a "intensifier la lutte" contre les brasseries et distilleries clandestines et appelé les Kényans "à éviter de consommer des spiritueux frauduleux car des producteurs peu scrupuleux en quête de profits mélangent à leurs boissons des produits chimiques mortels".

Le ministère rappelle que sont "passibles de cinq ans de prison (...) ceux qui frelatent des boissons alcooliques".

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