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Arabie Saoudite: un militant libéral condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet

07/05/2014 11:34 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT
Getty Images

Un militant libéral saoudien, Raëf Badaoui, détenu depuis deux ans, a été condamné mercredi à dix ans de prison et mille coups de fouet pour "atteinte à l'islam", a déclaré à l'AFP la présidente du "Réseau libéral saoudien", Souad Chammari.

Raëf Badaoui, fondateur du Réseau libéral saoudien qui critique l'establishment religieux dans le royaume ultra-conservateur, a également été condamné à payer une amende d'un million de riyals (environ 270.000 dollars), a précisé Souad Chammari.

Amnesty International a appelé les autorités saoudiennes à annuler la sentence qu'elle a qualifiée de "scandaleuse" et à libérer "immédiatement et inconditionnellement Raëf Badaoui".

"C'est un prisonnier d'opinion qui n'est coupable que d'avoir osé créer un forum public de discussion et a exercé de façon pacifique le droit à la liberté d'expression", a affirmé un communiqué de l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Le militant, arrêté en juin 2012, avait été condamné en juillet 2013 en première instance à sept ans de prison et 600 coups de fouet, selon la militante qui a qualifié la sentence d'"inique".

Les autorités ont fermé le site internet qu'il animait, et qui selon Souad Chammari avait "critiqué la police religieuse, les manuels scolaires et certains agissements et fatwas (édits religieux) d'ulémas" qui selon elle "portent atteinte à l'essence de l'islam".

L'Arabie saoudite applique une version ultra-rigoriste de l'islam et l'establishment religieux y est extrêmement puissant. La police religieuse, décriée par la frange libérale de la population, veille au respect de la morale islamique.

Mais la militante a assuré que le site internet fonctionnait toujours à partir d'un autre serveur.

L'activité du Réseau libéral saoudien est uniquement virtuelle dans le royaume. Il avait tenté en mai 2011 d'organiser une conférence à Jeddah mais avait dû y renoncer sous la pression de l'establishment religieux.

Mme Chammari a souligné que "ce sont des religieux, et non le gouvernement", qui ont porté plainte contre Raëf Badaoui.

Le royaume, une monarchie absolue, avait durci au cours des derniers mois la répression à l'encontre des opposants et des militants des droits de l'Homme.

"Raëf Badaoui est la dernière victime de la campagne implacable de répression visant à réduire au silence les activistes pacifiques en Arabie saoudite", a souligné Amnesty International.

En avril, Walid Aboulkheir, un éminent militant des droits de l'Homme jugé pour insulte aux autorités, a été arrêté.

Fin mars, trois personnes ont été arrêtées pour avoir diffusé sur YouTube des vidéos réclamant une amélioration de leur niveau de vie et critiquant la "corruption".

En décembre, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) avait appelé l'Arabie saoudite à cesser d'"intimider" les militants et à se doter d'un code pénal écrit compatible avec les normes des droits de l'Homme.

aa-at/feb

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