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Procès des viols de Minova en RDC: ASF demande que l'enquête reprenne

06/05/2014 02:41 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Avocats sans frontières (ASF) a appelé mardi les autorités de Kinshasa à reprendre l'enquête sur les viols massifs commis en novembre 2012 à Minova, dans l'est du Congo, au lendemain de l'acquittement de la quasi-totalité des soldats accusés dans cette affaire.

Il est "impératif que les enquêtes reprennent afin de faire toute la lumière sur les véritables coupables", écrit cette organisation non gouvernementale dans un communiqué.

"Plus d'un millier de victimes de viol et de pillage attendent réparation ainsi que toute la vérité sur les responsabilités. C'est pourquoi l'Etat congolais doit mener tous les coupables, dont les hauts-gradés, devant les juridictions militaires ordinaires", ajoute ASF.

Dans un verdict sans appel, un tribunal militaire spécial a acquitté lundi la quasi-totalité des soldats accusés des viols massifs commis du 20 au 30 novembre 2012 à Minova (province du Sud-Kivu) par des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dont les unités fuyaient alors une offensive rebelle.

Pendant ces onze jours, selon l'ONU, 135 femmes ou enfants de sexe féminin ont été victimes de viols ou violences sexuelles, et "d'autres violations graves des droits de l'homme, dont des meurtres et des pillages massifs" ont été "perpétrés par des militaires".

Sur 25 soldats accusés de viol, seuls 2 ont été reconnus coupables de ce crime lundi, 22 ont été condamnés pour violations des consignes, pillages ou dissipation de munitions, et un pour meurtre. D'autre part, aucun des quatorze officiers subalternes et supérieurs qui étaient poursuivis pour manquement à leur devoir n'a été condamné.

ASF regrette "que des hauts-gradés cités durant la phase d'instruction n'[aient] jamais fait l'objet d'une enquête, ni comparu" devant la cour.

L'ONG, qui a aidé à l'identification des victimes et facilité par son action leur participation au procès, "salue" néanmoins "les mesures prises tout au long du procès pour assurer la protection [de celles] qui ont accepté de venir témoigner".

Elle s'inquiète cependant pour leur protection maintenant que le procès est fini et "qu'un tiers des accusés est à nouveau libre"

mj/jmc

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