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Poutine en Crimée pour un défilé le 9 mai: Merkel trouverait cela "dommage"

06/05/2014 09:19 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Il serait "dommage" que le président russe Vladimir Poutine participe à une parade militaire en Crimée le 9 mai, a estimé mardi la chancelière allemande Angela Merkel.

D'après des médias russes, M. Poutine doit se rendre pour la première fois en Crimée depuis le rattachement de cette péninsule ukrainienne à la Russie pour y assister à la parade militaire du 9 mai qui commémore la victoire sur l'Allemagne nazie.

"Je trouverais dommage qu'une telle journée soit utilisée dans un tel contexte de tensions pour organiser une parade", a déclaré Mme Merkel, en réponse à la question d'un journaliste, lors d'une conférence de presse commune avec le président chypriote Nicos Anastasiades.

"Le 9 mai est un jour incroyablement important lié à la victoire contre le national-socialisme (...). Moi-même, j'étais à Moscou il y a quatre ans pour le 9 mai car il était important pour moi (de montrer) que nous avons compris l'Histoire et qu'il ne doit pas y avoir de recommencement", a-t-elle ajouté.

La Russie et les autres pays de l'ex-URSS célèbrent la fin de la Seconde guerre mondiale le 9 mai, et non le 8 comme les pays d'Europe occidentale. Vladimir Poutine a souvent profité de tels événements pour encourager chez ses compatriotes le patriotisme et le soutien de sa politique.

Le discours de la Russie sur la crise en Ukraine utilise également le souvenir de la lutte contre l'Allemagne nazie, appelée "Grande guerre patriotique" depuis l'époque soviétique. Moscou qualifie notamment les nationalistes ukrainiens qui figurent parmi les nouvelles autorités de Kiev de "fascistes".

De nouvelles tractations diplomatiques étaient en cours mardi dans l'espoir d'empêcher l'Ukraine de glisser dans la guerre civile, après des combats qui ont fait la veille plus de 30 morts, selon les autorités de Kiev, dans la ville séparatiste pro-russe de Slaviansk.

La chancelière allemande, régulièrement au téléphone avec le président russe depuis le début de la crise, a souligné mardi l'importance des efforts diplomatiques alors que Berlin plaide pour une deuxième conférence internationale à Genève, malgré la non-application de l'accord conclu mi-avril, également à Genève, entre l'Ukraine, la Russie, les États-Unis et l'Union européenne.

"Nous ne résoudrons pas un tel conflit par des moyens militaires, c'est pourquoi il faut recourir avec intensité à tous les moyens diplomatiques", a-t-elle martelé.

Elle a cependant de nouveau agité la menace de sanctions économiques supplémentaires contre la Russie. "Les sanctions ne sont pas un objectif en soi, mais nous y sommes prêts en cas de nécessité", a-t-elle dit.

Mme Merkel a affirmé que l'Union européenne ne serait pas divisée face à cette perspective, malgré la dépendance de certains pays, dont l'Allemagne, aux livraisons de gaz russe.

"Il est important que tous les Etats membres de l'UE s'adressent à la Russie avec le même message", a-t-elle dit, avant d'affirmer: "Nous serons en mesure d'agir".

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