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"Nous ne sommes plus très éloignés d'une confrontation militaire" en Ukraine (Berlin)

06/05/2014 09:02 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Le ministre allemand des affaires étrangères,Frank-Walter Steinmeier, a jugé mardi que le risque d'"une confrontation militaire en Ukraine" se rapprochait, et a appelé à une nouvelle conférence internationale à Genève, dans un entretien accordé à quatre journaux européens.

"Les images qui nous parviennent sont effrayantes et, notamment depuis la tragédie d'Odessa, nous ne sommes plus très éloignés d'une confrontation militaire en Ukraine", a jugé M. Steinmeier dans un entretien à Gazeta Wyborcza (Pologne), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie) et Le Monde (France).

"Mais un ministre des Affaires étrangères n'est pas là pour décrire une situation mais pour la modifier. C'est pourquoi je concentre toute mon attention sur les possibilités qu'il nous reste pour éviter de basculer dans une guerre civile", a-t-il ajouté.

Les troubles séparatistes dans l'est de l'Ukraine, où l'armée a lancé une opération pour tenter de reprendre le contrôle de la région, et les violences récentes à Odessa ont conduit l'Ukraine au bord de la guerre civile.

"Personne ne devrait se méprendre et croire qu'il n'y a un risque et une menace que pour l'Ukraine. A travers ce conflit, c'est toute l'architecture de la sécurité de l'Europe, mise en place depuis des décennies, qui pourrait être détruite. C'est pourquoi nous devons tout faire pour éviter ce risque et l'entrée dans une nouvelle guerre froide", a souligné Frank-Walter Steinmeier.

Berlin plaide pour une deuxième conférence internationale à Genève afin de tenter de sortir de la crise en Ukraine, en dépit de l'échec à appliquer l'accord conclu mi-avril, également à Genève, entre l'Ukraine, la Russie, les États-Unis et l'Union européenne, visant à une désescalade de la crise et au rétablissement de la stabilité politique et économique du pays.

Pour le ministre allemand, l'erreur commise lors de la première conférence était "de ne pas avoir mis en place un mécanisme qui permette de traduire dans les faits ce qui avait été décidé".

"Une deuxième conférence doit rendre obligatoire chaque étape nécessaire pour atteindre une désescalade là où la tension est particulièrement vive, nécessaire également pour renforcer un processus politique et constitutionnel qui inclurait tous les Ukrainiens", a-t-il dit.

Cette nouvelle conférence devrait également, selon M. Steinmeier, parvenir à un accord sur la tenue de l'élection présidentielle anticipée en Ukraine, prévu le 25 mai, mais que la Russie juge impossible dans les conditions actuelles.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé mardi à Vienne qu'une nouvelle conférence à Genève sur l'Ukraine "n'apporterait pas grand-chose", et a plaidé en revanche pour "un dialogue national" ukrainien.

Depuis la destitution fin février du président Viktor Ianoukovitch après un vaste mouvement de contestation à Kiev, un président et un gouvernement intérimaires dirigent le pays.

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