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Niger: le gouvernement veut stopper une ruée vers un site d'or

06/05/2014 12:49 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Les autorités du Niger ont décidé de fermer un site aurifère dans le nord du pays qui attire depuis la mi-avril des centaines de milliers de personnes, suscitant le mécontentement de la population locale, a appris mardi l'AFP de sources concordantes.

La découverte du site a provoqué une "ruée vers l'or" dans la commune du Djado, une zone désertique dans la région d'Agadez (nord) et proche du Tchad et de la Libye, indique un communiqué du gouvernement publié sur le site de la présidence nigérienne.

Les autorités du Niger disent avoir déjà recensé "plus de 10.000 personnes" sur le site aurifère dont des Tchadiens, des Libyens et des Soudanais.

"Cette situation pose des problèmes sanitaires et à terme sécuritaires que le gouvernement ne peut ignorer", explique le communiqué du gouvernement qui a décidé "d'interdire l'accès au site" aux orpailleurs.

Le gouvernement a décidé d'attribuer un permis de recherche sur ce site à la Société des patrimoines des mines du Niger (SOPAMIN, société publique).

L'armée a été déployée pour "sécuriser" le site dont les réserves en or ne sont pas connues, selon le quotidien officiel Le Sahel.

Cette décision de fermer le site aurifère a provoqué le mécontentement chez la population locale.

"Le risque de réaction désespérée surtout des autochtones est inévitable et peut déboucher sur des situations explosives et incontrôlables", ont mis en garde dans un communiqué des ressortissants du Kawar (nord) qui s'insurgeaient contre la fermeture du site.

"C'est une décision déplorable prise à un moment où le gouvernement doit créer les conditions pour occuper les populations très sensibles qui émigrent généralement vers la Libye voisine", a critiqué Boucar Sidik Ali, un journaliste originaire de la zone sur une télévision locale.

Dans les années 90, la région du Kawar avait été le théâtre d'une rébellion armée toubou (ethnie minoritaire) qui exigeait "le développement économique et social" de sa zone fort déshéritée.

Selon une source sécuritaire nigérienne, "la fermeture du site peut avoir été prise pour éviter des infiltrations de terroristes qui ont déjà frappé dans le nord du Niger en 2013".

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