NOUVELLES

Les États-Unis feront tout pour retrouver les Nigérianes enlevées, dit Obama

06/05/2014 02:31 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président Barack Obama a déclaré, mardi, que les États-Unis feraient tout leur possible pour aider le Nigeria à retrouver les quelque 300 jeunes filles enlevées dans leur école du nord-est du pays à la mi-avril par un groupe extrémiste qui menace de les vendre.

Retrouver les jeunes filles est la priorité immédiate, a affirmé M. Obama lors d'une entrevue avec le réseau NBC, en précisant que la lutte contre le groupe Boko Haram arrivait en deuxième.

«À court terme, notre but est évidemment d'aider la communauté internationale et le gouvernement nigérian à faire tout ce que nous pouvons pour retrouver ces jeunes femmes», a dit le président. «Mais nous devrons aussi faire face au problème plus large des organisations comme celle-ci qui (...) peuvent causer de tels ravages dans la vie quotidienne des gens.»

La Maison-Blanche a annoncé mardi que les États-Unis envoyaient une équipe technique pour aider le gouvernement nigérian à retrouver les adolescentes. Leur enlèvement a provoqué un tollé international et suscité des critiques contre le gouvernement nigérian, accusé de ne pas faire assez d'efforts pour secourir les otages.

«Chaque seconde compte», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

M. Obama a estimé que l'enlèvement des écolières et l'angoisse vécue par leurs proches était «une situation terrible».

«Boko Haram, cette organisation terroriste qui opère au Nigeria, tue des gens et des civils innocents depuis très longtemps», a rappelé le président, en précisant que le groupe était depuis longtemps considéré comme l'une des pires organisations terroristes locales du monde. «Je ne peux qu'imaginer ce que vivent les parents», a ajouté M. Obama, qui est père de deux filles âgées de 15 et 12 ans.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a réitéré l'offre d'assistance des États-Unis durant une conversation mardi avec le président du Nigeria, Goodluck Jonathan.

«Le président était très content de recevoir cette offre et il est prêt à agir immédiatement», a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse à Washington avec la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. «Nous nous engageons immédiatement dans le but de mettre cela en application. Nous restons très préoccupés par le bien-être de ces jeunes filles.»

Les experts envoyés par les États-Unis comprennent des militaires et des responsables de l'application de la loi qui pourront partager leur savoir-faire en matière de renseignement, d'enquête, de partage d'informations, de négociation avec des ravisseurs et d'assistance aux victimes, de même que des spécialistes d'autres domaines, a précisé M. Carney.

Les États-Unis n'envisagent pas d'envoyer des forces armées, a souligné le porte-parole.

Selon M. Kerry, le gouvernement américain est en contact avec les autorités nigérianes depuis «le premier jour» de la crise. Mais les offres d'assistance américaine ont été rejetées jusqu'à ce que MM. Kerry et Jonathan se parlent directement mardi, alors que la communauté internationale s'indigne de plus en plus du sort des jeunes filles depuis leur enlèvement, le 15 avril. M. Kerry a affirmé que les autorités nigérianes avaient leur propre stratégie quant à la façon de procéder.

«Je pense que les complications qui ont émergé ont convaincu tout le monde que des efforts plus énergiques doivent être faits», a affirmé le secrétaire d'État américain. «Et cela commence immédiatement.»

La police nigériane affirme que plus de 300 filles ont été enlevées par des hommes lourdement armés dans leur école à Chibok. Cinquante-trois d'entre elles ont réussi à s'échapper, mais 276 sont toujours captives.

Le chef du groupe islamiste Boko Haram, Abubakar Shekau, a revendiqué l'enlèvement des adolescentes dans une vidéo diffusée lundi. «Au nom d'Allah, je les vendrai au marché», dit-il, en affirmant que ses combattants attaqueront d'autres écoles et enlèveront d'autres filles. Le nom du groupe signifie «l'éducation occidentale est un péché».

Des médias ont révélé la semaine dernière que certaines filles avaient été contraintes d'épouser leurs ravisseurs qui les auraient «achetées» pour 12 $ US, tandis que d'autres auraient été vendues au Tchad ou au Cameroun.

Cet enlèvement de masse et l'incapacité apparente de l'armée à secourir les jeunes filles a donné lieu à de nombreuses manifestations au Nigeria.

PLUS:pc