NOUVELLES

Le président haïtien forme un comité pour superviser les élections

06/05/2014 12:59 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le président haïtien a annoncé mardi qu'il avait nommé un nouveau comité pour superviser la tenue des élections législatives et locales qui auraient dû avoir lieu il y a plus de deux ans, une importante étape dans l'organisation du scrutin dont le retard en a indisposé plusieurs.

Dans un message publié sur Facebook et un courriel transmis aux médias, le président Michel Martelly affirme que l'un des membres du comité est Fritzo Canton, un avocat bien en vue qui défend notamment l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier contre des accusations de crimes contre l'humanité et de détournement de fonds.

Le comité regroupera des représentants des branches exécutive, législative et judiciaire.

«Le président fait tout ce qu'il peut pour s'assurer que les élections auront lieu (...) cette année», a déclaré Joseph Lambert, un ancien sénateur devenu conseiller présidentiel, à la radio Zenith FM.

Il a ignoré une question sur la présence de M. Canton au sein du comité, en affirmant qu'«un avocat vit de sa profession».

Les démarches en vue d'organiser le scrutin ont été paralysées par des conflits internes entre les branches exécutive et législative, mais des représentants des deux parties ont signé un accord prévoyant des élections d'ici la fin de l'année, apparemment pour apaiser les donateurs internationaux qui sont de plus en plus frustrés par le report du scrutin.

La Chambre des députés a récemment approuvé l'accord, qui propose de tenir les élections au mois d'octobre. Le Sénat doit encore confirmer son appui.

Le mois dernier, les États-Unis ont prévenu le gouvernement haïtien que l'aide de 300 millions $ US prévue pour soutenir la garde côtière, le ministère de la Santé et d'autres projets gouvernementaux pourrait être suspendue à cause du retard électoral. Mais l'administration américaine est peu susceptible de mettre sa menace à exécution parce qu'elle soutient globalement le gouvernement du président Martelly.

Les élections visent à combler 20 des 30 sièges du Sénat, les 99 sièges de la Chambre des députés et 140 postes municipaux.

Le mandat de 10 sénateurs expire en janvier et il ne resterait alors que 10 sénateurs en poste, un nombre insuffisant pour former un quorum. Si des élections ne sont pas organisées d'ici là, le président gouvernera par décrets.

PLUS:pc