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La nouvelle diplomatie iranienne a isolé Israël, selon Zarif

06/05/2014 08:09 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, visé par les critiques des conservateurs sur le dossier nucléaire, a affirmé mardi que sa diplomatie pragmatique avait permis d'isoler Israël au sein de la communauté internationale.

Après plusieurs années de rhétorique belliqueuse de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad, M. Zarif a affirmé devant le Parlement que le nouveau gouvernement avait réussi à effacer l'image véhiculée par l'Etat hébreu sur le "danger" de l'Iran et de son programme nucléaire.

Les ultraconservateurs iraniens critiquent de plus en plus violemment l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances sous la houlette de M. Zarif, estimant que les concessions faites par Téhéran sont trop importantes.

L'Iran a accepté de geler pendant six mois une partie de ses activités sensibles en échange d'une levée partielle des sanctions internationales.

Des personnalités religieuses, des parlementaires et des responsables du régime ont aussi dénoncé la politique modérée de M. Zarif en matière de diplomatie, notamment sa condamnation de l'Holocauste.

Le Premier ministre israélien Benjamin "Netanyahu assure sans honte que l'Iran nie l'Holocauste, que l'Iran veut fabriquer une bombe nucléaire afin de commettre un nouvel Holocauste", a déclaré M. Zarif, cité par l'agence Isna.

"Mais mes collègues et moi-même disons au monde que l'Iran est contre l'antisémitisme et les génocides", a-t-il assuré devant les députés.

L'Iran ne reconnaît pas Israël et certains de ses dirigeants appellent régulièrement à sa disparition. Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a exprimé en mars ses doutes sur l'existence et la dimension de l'Holocauste, et Mahmoud Ahmadinejad l'avait qualifié de "mythe".

- 'Nation courageuse' -

Mais contrairement à son prédécesseur, le nouveau président iranien Hassan Rohani a condamné "le massacre des Juifs par les nazis". En février, M. Zarif avait également dit à la télévision allemande qualifié l'Holocauste de "cruelle tragédie funeste qui ne doit plus jamais se reproduire".

"Nous ne permettrons pas au régime sioniste -qui possède illégalement des armes chimiques et nucléaires et qui viole le plus les lois anti-prolifération- de montrer l'Iran comme un danger", a assuré mardi M. Zarif devant les parlementaires.

"Notre politique étrangère a ôté à Israël son calme et son confort, et l'a poussé vers une position réactionnaire et un isolement international", a-t-il expliqué.

Fin avril, M. Netanyahu a affirmé que l'Iran menaçait "le monde entier", appelant la communauté internationale à exiger que Téhéran "démantèle totalement ses capacités de production d'armes nucléaires".

Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, a dénoncé tout accord conclu entre l'Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) qui permettrait à Téhéran de rester au seuil nucléaire.

L'Iran affirme au contraire que son programme nucléaire est exclusivement pacifique. Les négociations doivent reprendre la semaine prochaine à Vienne afin de parvenir à un accord définitif sur la question d'ici le 20 juillet.

Mais ces discussions sont dénoncées par l'aile dure du régime. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Téhéran à l'appel d'un collectif intitulé "Nous sommes inquiets", estimant que le premier accord de six mois va à l'encontre des intérêts nationaux de l'Iran.

Mardi, M. Zarif a fait une simple allusion à ce rassemblement. "Nous sommes une nation courageuse, pas inquiète", a-t-il dit. Il a aussi souligné avoir le soutien de l'ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot sur les dossiers stratégiques de l'Iran. "Je suis fier que mes positions soient les mêmes que celles du guide suprême", a-t-il lancé.

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