NOUVELLES

La Maison Blanche appelle à agir "d'urgence" face au changement climatique

06/05/2014 08:54 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

La Maison Blanche a appelé à agir "d'urgence" face au changement climatique, en dévoilant mardi un état des lieux des effets déjà constatés et prévisibles de ce phénomène sur le territoire américain et l'économie.

Habitations et infrastructures menacées, écosystèmes bouleversés, pans entiers de l'économie contraints à s'adapter: ce rapport, fruit du travail sur quatre ans de centaines de climatologues et autres scientifiques, se veut un outil pédagogique pour aider les Américains à réagir à ces changements, a précisé la présidence dans un communiqué.

Le président Barack Obama, qui avait beaucoup promis dans ce dossier avant de se heurter à l'intransigeance du Congrès en la matière, devrait s'exprimer mardi sur le climat au cours d'une série d'entretiens télévisés avec des présentateurs météo, selon l'exécutif.

Un résumé d'une centaine de pages de ce rapport anticipe les critiques des "climatosceptiques" en énonçant de multiples exemples argumentés et illustrés de la réalité du phénomène et son origine humaine.

Cet état des lieux compile des données déjà publiées, en particulier sur la concentration croissante de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, le caractère de plus en plus violent des phénomènes météorologiques et la montée du niveau des océans qui, si elle n'est pas enrayée, se traduira à terme par le grignotage inexorable de zones de faible altitude comme la Floride (sud-est) ou le delta du Mississippi en Louisiane (sud).

Dans le Sud-Ouest, qui a connu une forte augmentation de sa population ces 30 dernières années, "le changement climatique augure de difficultés pour une région déjà sèche qui devrait le devenir encore plus dans sa partie Sud, et plus chaude", avec un problème majeur d'accès à l'eau et de violents incendies de forêt à la clé, selon le document.

Inégalement répartis sur l'immense territoire nord-américain, les effets du changement climatique se font ressentir de façon très spectaculaire en Alaska, qui "s'est réchauffé deux fois plus vite que le reste des Etats-Unis", note le rapport, en pointant des "changements majeurs aux écosystèmes" dus à la disparition des glaciers, ainsi que des "dégâts aux infrastructures" avec le dégel du permafrost.

- Congrès sceptique -

Des équipements vitaux pour l'économie se retrouvent également sous la menace de la montée des eaux ou de l'accroissement déjà constaté du nombre de cyclones tropicaux touchant les zones côtières, souligne cet état des lieux.

Il mentionne en particulier la route numéro 1 en Louisiane, stratégique pour la production pétrolière. Cette route "est en train de s'enfoncer, alors que le niveau de l'eau monte". Le rapport estime à 7,8 milliards de dollars le manque à gagner pour l'économie américaine si cette seule route était inutilisable pendant trois mois.

De façon plus générale, "le changement climatique augmentera les coûts des systèmes de transport du pays et de leurs usagers", prévoient les scientifiques, qui préconisent des "mesures d'adaptation importantes" pour les surmonter.

"Les conclusions de cet état des lieux sur le climat soulignent la nécessité d'agir d'urgence face à la menace du changement climatique, de protéger les Américains et les collectivités et d'oeuvrer à un avenir durable pour nos enfants et petits-enfants", plaide la Maison Blanche.

Le rapport, mis en ligne à l'adresse www.globalchange.gov, s'inscrit dans le contexte des efforts de M. Obama pour faire progresser un programme de lutte contre le réchauffement, resté lettre morte au Congrès.

Le combat contre le changement climatique figurait parmi les grandes promesses de M. Obama pendant sa campagne présidentielle de 2008, mais ce dossier est passé au second plan après l'échec d'un ambitieux projet de loi au début de son premier mandat, alors que les alliés démocrates du président détenaient pourtant la majorité dans les deux chambres.

Depuis, ces derniers ont perdu la Chambre des représentants au profit des républicains. De nombreux conservateurs rejettent de nouvelles lois fédérales sur les émissions polluantes, qui risquent selon eux d'étrangler la croissance et l'emploi.

En juin 2013, M. Obama avait dévoilé une vaste initiative pour combattre le réchauffement climatique, en s'attaquant aux émissions de gaz à effet de serre des centrales au charbon et en développant davantage les sources d'énergie propre, le but étant de réduire d'ici à 2020 les émissions de gaz à effet de serre de 17% par rapport à leur niveau de 2005.

tq/sam

PLUS:hp