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Hudak dit qu'il n'a rien d'une star mais qu'il peut remettre l'Ontario à flot

06/05/2014 05:09 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Tim Hudak, admet ouvertement qu'il n'est pas la coqueluche du mois et qu'il peinerait à remporter un concours de popularité.

Ses adversaires, la libérale Kathleen Wynne et la néo-démocrate Andrea Horwath, ont d'ailleurs tendance à l'éclipser dans les sondages d'opinion. L'homme de 46 ans a souvent été critiqué pour sa réticence à improviser et pour sa manie à s'en tenir strictement à ses notes lorsqu'il prononce un discours.

La lutte dans laquelle ce politicien, qui a grandi à Fort Erie, est engagé semble donc perdue d'avance pour lui. Étonnamment, le principal intéressé se moque de ce pronostic.

Ce vétéran, qui est en poste à Queen's Park depuis maintenant 19 ans, affirme qu'une seule chose lui tient réellement à coeur: que les citoyens endossent son plan de match fortement axé sur l'emploi. D'ici la fin de la campagne, il tient mordicus à aborder cette thématique sur une base quotidienne. Ce descendant d'immigrants de l'ancienne Tchécoslovaquie, qui a été élevé au sein d'une famille de la classe moyenne, souhaite favoriser la création d'emplois dans la province — un million d'emplois.

Il entend aussi s'engager à reprendre le contrôle de la filière hydroélectrique, à réduire taxes et impôts pour fouetter les investissements — et créer des emplois —, et à faire en sorte que le gouvernement «dépense selon ses moyens» .

Tim Hudak baigne dans la politique depuis belle lurette. Sa mère a réalisé trois mandats à titre de conseillère municipale; son grand-père maternel a été leader syndical et militant du CCF puis du Nouveau Parti démocratique.

Tim a commencé à partager la passion de ses aînés au moment où il fréquentait l'université à la fin des années 1980. Pendant cette période dorée du néolibéralisme dominée par des figures emblématiques comme l'Américain Ronald Reagan et la Britannique Margaret Thatcher, le jeune étudiant Hudak a entendu une allocution passionnée sur le libre-échange prononcée par John Crosby, qui a notamment occupé le poste de ministre fédéral du Commerce extérieur dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney. Le jeune homme a alors eu la piqûre pour la chose politique, et il est devenu bénévole au sein d'une association conservatrice locale.

Puis, en 1995, alors qu'il n'avait que 27 ans, il a fait son entrée à l'Assemblée législative de l'Ontario à la faveur d'un balayage progressiste-conservateur mené par Mike Harris contre les impopulaires néo-démocrates de Bob Rae.

L'ascension du jeune député s'est ensuite poursuivie. En 1999, il a fait son entrée au cabinet où il a hérité des portefeuilles du Développement du Nord, des Mines, du Tourisme et de la Culture. Il a alors côtoyé John Baird, Tony Clement et Jim Flaherty, trois hommes appelés à devenir ultérieurement de grosses pointures sur la scène fédérale.

Cette étape de la vie professionnelle de Tim Hudak a été turbulente. Le premier ministre Mike Harris n'a pas fait dans la dentelle lorsqu'il a réduit les dépenses et les impôts. Son approche musclée a mis le feu aux poudres en Ontario, provoquant des débrayages — et même une émeute jusque sur le seuil de l'Assemblée législative.

M. Hudak, qui s'est fait les dents pendant la «révolution du bon sens» de Mike Harris, a été élu chef des progressistes-conservateurs en 2009. Il devra maintenant parer aux attaques de la première ministre libérale sortante, Kathleen Wynne, qui l'accuse de vouloir replonger la province dans le même genre de climat d'austérité et d'hostilité, en déterrant la hache de guerre contre les syndicats et en se lançant dans le démantèlement des services publics.

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