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En 10 ans, le Vatican a expulsé 848 prêtres pour agressions sexuelles

06/05/2014 12:45 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

GENÈVE - Près d'un millier de prêtres ont été défroqués et 2600 autres ont été disciplinés pour des affaires d'agression sexuelle au cours des dix dernières années, démontrent des statistiques rendues publiques par le Vatican mardi.

L'ambassadeur du Vatican auprès des Nations unies, l'archevêque Silvano Tomasi, a dévoilé ces données lors d'une deuxième journée de témoignage devant un comité onusien qui vérifie le respect de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, que le Vatican a ratifiée en 2002.

Monseigneur Tomasi a estimé que le traité s'applique uniquement à l'intérieur du minuscule État de la Cité du Vatican. Il a néamoins dévoilé des statistiques qui révèlent que le Saint-Siège a été confronté à des dossiers d'agressions à travers le monde — en plus d'admettre que les agressions sexuelles d'enfants peuvent «correspondre à de la torture».

Monseigneur Tomasi a indiqué que, depuis 2004, plus de 3400 cas d'agressions crédibles ont été transmis au Vatican, dont 401 seulement en 2013. Au cours de la dernière décennie, ce sont 848 prêtres qui ont été défroqués et 2572 autres qui ont été condamnés à une vie de pénitence et de prière ou à une sanction moindre, ce qui est fréquemment utilisé quand le coupable est âgé ou infirme.

Concernant le nombre élevé de prêtres punis de mesures moins sévères, monseigneur Tomasi a déclaré que des mesures disciplinaires ont néanmoins été prises et que l'agresseur «est envoyé dans un endroit où il n'a plus de contacts avec les enfants».

L'Associated Press a révélé, en janvier, que le pape Benoît XVI a défroqué 384 prêtres pendant les deux dernières années de sa papauté, en s'appuyant sur des documents que la délégation de monseigneur Tomasi avait préparés pour une autre audience devant le comité onusien.

Monseigneur Tomasi a expliqué à l'AP, mardi, que les données de janvier étaient incomplètes et que les chiffres fournis mardi — la première description année par année de ces dossiers — sont complets.

Il a déclaré au comité qu'il «n'y a pas de climat d'impunité mais il y a une détermination totale à nettoyer la maison» pour empêcher d'autres agressions.

«Je pense que nous avons franchi un seuil dans notre évolution face à ces problèmes, a-t-il dit. Il est clair que la question des agressions sexuelles d'enfants, qui représente une peste et un fléau mondiaux, a été confrontée de manière systématique, compréhensive et constructive par l'Église depuis 10 ans.»

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