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Alstom: Siemens a contacté le gouvernement français dès l'été 2012 (source proche)

06/05/2014 12:23 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Le conglomérat industriel allemand Siemens a pris contact dès l'été 2012 avec le gouvernement français pour discuter du secteur énergétique européen, et notamment du fleuron industriel français français Alstom, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

"Siemens a pris contact avec le gouvernement français dès l'été 2012 pour parler d'une solution européenne pour l'industrie énergétique et lui expliquer que la transition énergétique passait par une meilleure coopération industrielle", selon cette source bien informée.

Une autre source proche du dossier a confirmé que Siemens était en contact "régulier" avec les autorités françaises "depuis plus d'un an".

En janvier, le président François Hollande, avait appelé de ses voeux "une grande entreprise franco-allemande pour la transition énergétique", qui formerait une sorte d'Airbus de l'énergie.

"Siemens a pris ça comme un encouragement", selon la première source, tout en reconnaissant que "le dossier n'était pas prêt politiquement début 2014".

De son côté, Alstom a entamé vers la fin mars des discussions secrètes avec General Electric. La révélation de ces discussions avancées a conduit le conseil d'administration du groupe français à surseoir à une décision définitive.

Il s'est donné jusqu'à la fin mai pour étudier d'éventuelles offres de rachat pour sa branche énergie, avant d'entrer en négociations exclusives avec le candidat mieux disant.

Alstom, surtout connu du grand public pour ses trains à grande vitesse, a donné sa préférence à l'offre de 12,35 milliards de dollars de GE, mais l'allemand Siemens est passé à la contre-offensive, renchérissant son offre.

Appuyé par les gouvernements français et allemand, Siemens a d'ores et déjà proposé de racheter les activités énergie d'Alstom, qu'il évalue dans une fourchette de 10,5 milliards à 11 milliards d'euros.

En échange, il est prêt à céder à Alstom ses trains à grande vitesse, locomotives, métros et trains de banlieue, et à prendre une part allant jusqu'à 19% de ce groupe de transport nouvellement constitué. En contrepartie, Siemens voudrait récupérer l'activité de signalisation d'Alstom.

Les propositions de Siemens visent à créer "deux champions européens", dans l'énergie et le ferroviaire, capables d'affronter la concurrence internationale accrue dans chacun de ces domaines, selon une troisième source proche des discussions.

Il s'agit d'un "véritable projet industriel, avec une vision stratégique de long terme", a-t-elle ajouté, en insistant sur la complémentarité des deux groupes, sur le plan géographique et en termes d'activités. Contestant d'éventuelles redondances, elle a rappelé que l'industriel allemand a garanti l'emploi pour trois ans en France, où il compte 7.000 collaborateurs.

De son côté, le gouvernement français a demandé à GE des garanties plus précises sur l'emploi et a souhaité que le groupe améliore son offre en renforçant le pôle transports d'Alstom, qui représente environ 30% des revenus du groupe français, en lui apportant ses activités dans ce domaine.

mpa/fpo/thm/rhl

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