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Une attaque fait 16 morts en Centrafrique, dont trois employés de MSF

28/04/2014 09:20 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Au moins 16 personnes ont été abattues dans un coin reculé de la République centrafricaine, quand des dizaines d'hommes armés ont ouvert le feu dans un hôpital.

On compte au moins trois employés locaux de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières parmi les victimes. C'est la première fois que des membres des MSF sont tués depuis que les violences sectaires ont éclaté dans ce pays, en décembre.

Ailleurs, au moins deux personnes ont été tuées quand un convoi qui transportaient 1300 musulmans dans le nord du pays a été attaqué.

MSF est la seule agence humanitaire encore active en République centrafricaine et elle continue à oeuvrer même dans les régions où se déroulent des combats.

MSF a confirmé la mort de trois de ses employés à Boguila, une ville du nord-ouest du pays située à proximité de la frontière avec le Tchad.

L'hôpital de Boguila a été attaqué après qu'il ait été encerclé par plus d'une quarantaine de rebelles armés, samedi. À l'intérieur, des membres de MSF rencontraient des dizaines de leaders locaux originaires de la région. Des témoins affirment que les rebelles s'étaient rendus à l'hôpital pour réclamer de l'argent, avant d'ouvrir le feu contre la réunion.

«Si certains des hommes armés ont cambriolé le bureau de MSF à la pointe des armes et tiré des coups en l'air, d'autres hommes armés se sont approchés de l'endroit où s'étaient rassemblés des employés de MSF et des leaders communautaires, a indiqué l'organisation lundi. Sans provocation, les hommes armés ont ouvert le feu dans la foule, faisant des morts et des blessés graves.»

Le groupe entend maintenant suspendre ses activités à Boguila, a dit le directeur de MSF en République centrafricaine, Stefano Argenziano.

«Si nous demeurons déterminés à offrir une aide humanitaire à la communauté, nous devons également tenir compte de la sécurité de notre personnel, a-t-il dit. En réponse à ce geste inimaginable, nous nous demandons aussi si nous pouvons poursuivre nos activités dans d'autres secteurs.»

Un parlementaire local a déploré que la population soit laissée entièrement à la merci des rebelles du mouvement Seleka, qui sont blâmés pour de multiples atrocités lors de leur bref règne de 10 mois l'an dernier.

Près de 2000 militaires français et 5000 soldats de l'Union africaine tentent de stabiliser la République centrafricaine. Des milliers de Casques bleus onusiens sont aussi attendus en septembre.

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