NOUVELLES

Résidence de Zuma: le Parlement sud-africain verra après les élections

28/04/2014 11:44 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

La commission parlementaire chargée d'examiner la réponse aux élus du président sud-africain Jacob Zuma, accusé d'avoir rénové sa résidence privée aux frais du contribable, a décidé lundi de renvoyer l'affaire après les élections législatives du 7 mai, a indiqué l'ANC, le parti au pouvoir.

La médiatrice Thuli Madonsela --chargée de veiller à une bonne utilisation de l'argent public-- avait jugé en mars que le président devrait rembourser une partie des 246 millions de rands (16,5 millions d'euros) dépensés pour sa sécurité dans sa résidence de Nkandla (est), qui ont permis entre autres la construction d'un amphithéâtre, d'une piscine et d'un poulailler.

Sommé par la médiatrice de donner une réponse au Parlement avant le 2 avril, M. Zuma s'était contenté de dire qu'il attendait un nouveau rapport avant d'aborder le fond de l'affaire, assurant qu'il restait "préoccupé par les allégations de mauvaise gestion et d'irrégularités".

Une commission parlementaire avait été mise sur pied à la demande de l'Alliance démocratique (DA), le principal parti de l'opposition, pour étudier cette réponse.

"La commission ad hoc a convenu que, à la lumière de l'énorme charge de travail relative à son mandat, de l'extrême importance de la question à examiner et de la minutie avec laquelle elle doit agir, la question devra être renvoyée devant le prochain Parlement pour un examen approprié", a noté l'ANC dans un communiqué.

La commission a voté par 7 voix contre 3 le report de l'affaire après les élections.

"Nous voulons que la justice soit faite dans cette affaire. C'est pourquoi nous disons que le temps joue contre nous", à dix jours des élections et à la veille du pont du 1er mai, a dit à l'agence Sapa la vice-présidente du groupe ANC à l'Assemblée nationale, Doris Dlakude.

"Cela est vraiment honteux. L'ANC dit que la commission n'a pas le temps de faire le travail (avant les élections). Nous attendons toujours que l'ANC nous dise quel est ce travail", a rétorqué Lindiwe Mazibuko, chef du groupe de la DA.

Blanchi par un audit de ses propres ministres --mis en cause par Mme Madonsela--, M. Zuma a précisé qu'il réagirait sur le fond quand il aurait en main un troisième rapport établi par une commission qu'il a lui-même nommée.

Jacob Zuma, qui compte se succéder à lui-même après les élections, a déjà prévenu qu'il n'entendait pas rembourser un rand, rejetant la responsabilité des travaux sur son gouvernement et raillant l'opposition qui ne cesse d'invoquer cette affaire au lieu de parler aux Sud-Africains de l'avenir du pays.

liu/hm

PLUS:hp