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Premier débat télévisé entre les candidats à la présidence de la Commission européenne

28/04/2014 07:49 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Quatre des principaux candidats à la présidence de la Commission européenne, le conservateur Jean-Claude Juncker, le socialiste Martin Schulz, le libéral Guy Verhofstadt et l'écologiste Ska Keller, devaient débattre pour la première fois lundi soir à l'Université de Maastricht (Pays-Bas), à moins de quatre semaines des élections européennes.

Les quatre débatteurs devront faire preuve d'audace pour tenter de susciter un sursaut d'intérêt parmi les quelque 400 millions d'électeurs européens, à l'heure où les menaces des extrêmes et de l'abstention planent comme jamais sur le scrutin.

Le débat doit être diffusé sur la chaîne de télévision Euronews et internet à partir de 17H00 GMT.

Trouver le successeur du conservateur portugais, José Manuel Barroso, constitue l'un des principaux enjeux des élections européennes qui auront lieu du 22 au 25 mai. Jusqu'à présent, le choix du président de la Commission européenne était une prérogative exclusive des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, prévoit que les chefs d'Etat et de gouvernement proposent au Parlement européen un candidat à la présidence de la Commission, "en tenant compte des élections au Parlement européen". Le candidat devra ensuite être approuvé par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent (soit 376 députés sur 751).

Selon l'esprit du traité, le président de l'exécutif bruxellois devrait donc être de la même couleur politique que le parti vainqueur des élections.

Les conservateurs du PPE, qui rassemble notamment la CDU allemande et l'UMP française, les socialistes, les libéraux, représentés par l'UDI et le MoDem en France, les Verts et la gauche radicale ont chacun présenté leur champion. Mais le Français José Bové, co-listier de l'Allemande Ska Keller, et le Grec Alexis Tsipras, chef du Syriza et candidat de la Gauche radicale ne participeront pas -pour des raisons de calendrier- à ce premier débat télévisé.

- Une seule femme en lice -

Les derniers sondages donnent le PPE et les socialistes en tête dans un mouchoir de poche et MM. Juncker et Schulz font figure de favoris pour succéder à M. Barroso. Mais l'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt espère tirer son épingle du jeu si, comme c'est probable, ni le PPE, ni les socialistes ne parviennent à remporter une majorité absolue.

Fédéraliste patenté, "l'outsider" Guy Verhofstadt, 61 ans, devrait profiter de ce premier débat télévisé pour avancer son programme d'une Europe davantage intégrée. "La Commission doit utiliser pleinement son droit d'initiative", plaide le président sortant du groupe libéral au Parlement européen, qui promet, s'il devait diriger la Commission, qu'il n'appellerait ni Berlin, ni Paris avant de soumettre ses propositions législatives.

Vieux briscard de la politique européenne, l'ancien Premier ministre démocrate-chrétien luxembourgeois Jean-Claude Juncker, 59 ans, entend jouer la carte de l'expérience. Accusé par ses rivaux d'être l'homme de la troïka et du secret bancaire, l'ancien président de l'Eurogroupe veut polir son image pour apparaître comme "l'homme de la solidarité", celui qui a tout fait pour ne pas laisser tomber les Etats en difficulté pendant la crise financière qui a frappé de plein fouet les pays de la zone euro.

L'Allemand Martin Schulz, 58 ans, candidat des socialistes, devrait insister pour sa part sur le volet social de son programme : création d'un salaire minimum européen proportionnel au PIB de chaque pays, lutte contre le dumping social et fiscal au sein même de l'Europe, fin des disparités salariales femme/homme... Excellent orateur, il devra cependant démontrer face à M. Juncker qu'il sait également maîtriser les dossiers techniques.

Mais, c'est la benjamine, l'Allemande Ska Keller, 32 ans, qui pourrait crever l'écran au cours de ce premier débat télévisé organisé devant des étudiants. Seule femme candidate, brillante, polyglotte -elle parle six langues, dont le turc et le finnois, outre l'allemand, l'anglais l'espagnol et le français- elle incarne un nouveau visage pour l'Europe. En l'absence de M. Tsipras, elle sera la seule à clairement s'opposer aux négociations de libre-échange avec les Etats-Unis.

Ce premier débat sera axé autour de trois sujets principaux : l'économie européenne, le futur de l'Europe et sa politique étrangère.

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