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Les USA, le Canada et l'UE imposent de nouvelles sanctions à la Russie

28/04/2014 08:49 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - Le Canada, les États-Unis et l'Union européenne ont imposé lundi de nouvelles sanctions à la Russie, à qui ils reprochent d'alimenter l'instabilité dans l'est de l'Ukraine.

Cette annonce est survenue quelques heures après que le maire de la deuxième ville ukrainienne en importance ait été grièvement blessé d'une balle au dos par des inconnus.

Le Canada a imposé des sanctions économiques contre neuf autres Russes et contre deux banques russes. Les neuf personnes font également l'objet d'une interdiction de voyager.

«Notre gouvernement a indiqué très clairement que toute autre mesure d'intimidation ou action visant à déstabiliser le gouvernement ukrainien entraînerait des conséquences, a déclaré par voie de communiqué le premier ministre canadien Stephen Harper. L'occupation illégale de l'Ukraine se poursuit, et l'agression militaire de la Russie perdure. (...) Jusqu'à ce que la Russie démontre clairement son respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, le Canada continuera à travailler avec ses alliés et avec des pays qui partagent ses vues afin d'exercer des pressions qui isoleront davantage la Russie sur les plans économique et politique.»

Les sanctions américaines ciblent sept membres du gouvernement russe et 17 compagnies ayant des liens avec des proches du président russe Vladimir Poutine. Les mesures ont été annoncées par le président Barack Obama à l'occasion d'un déplacement aux Philippines.

Le président a expliqué que son but n'est pas de frapper M. Poutine directement, «mais de lui faire comprendre que ses actions actuelles pourraient avoir un impact négatif à long terme sur l'économie russe».

Le président du géant énergétique Rosneft, Igor Sechin, un proche du président Poutine depuis le début des années 1990, compte parmi les dirigeants visés par les nouvelles sanctions. Il aurait notamment orchestré l'assaut judiciaire lancé en 2003 contre la firme privée Yukos et son président Mikhail Khodorkovsky, qui était à l'époque l'homme le plus riche de Russie. Rosneft a ensuite gobé les portions les plus lucratives de Yukos, en faisant la plus grande entreprise du pays.

Le président de la Chambre basse du Parlement russe Alexei Pushkov et le vice-premier ministre Dimitri Kozak sont aussi ciblés. La plupart des 17 compagnies punies sont contrôlées par trois hommes d'affaires qui entretiennent des liens étroits avec M. Poutine: Gennadi Timochenko, ainsi que les frères Boris et Arkadi Rotenberg. Tous trois avaient été frappés par les premières sanctions américaines, en mars.

L'Union européenne a quant à elle ajouté 15 nouveaux dirigeants russes à ceux déjà touchés par des sanctions. De nouveaux noms pourraient être ajoutés mercredi, lors d'une autre rencontre. Une cinquantaine de responsables russes sont dorénavant sous le coup de sanctions.

Les ambassadeurs des 28 pays membres de l'UE se sont aussi entendus, à Bruxelles, pour élargir les interdictions de voyage et les gels d'actifs déjà en place.

Un porte-parole de l'hôtel de ville de Kharkiv, Iouri Sidorenko, a expliqué que le maire Hennady Kernes a été abattu alors qu'il se trouvait à proximité de la ville et que les médecins luttent maintenant pour lui sauver la vie. Les responsables ne se sont pas prononcés sur l'identité possible des assaillants.

M. Kernes était auparavant un partisan du président déchu Viktor Ianoukovitch et un adversaire farouche du mouvement pro-Europe qui a pris le contrôle du coeur de Kiev. Il aurait même été à la tête des militants venus de l'est de l'Ukraine pour affronter ces manifestants.

M. Kernes avait toutefois dernièrement quelque peu modéré sa position face au nouveau gouvernement de Kiev. Lors d'une rencontre récente avec le premier ministre intérimaire Arseni Iatseniouk, il avait déclaré ne pas appuyer les militants prorusses qui sévissent dans l'est du pays et s'était prononcé en faveur d'une Ukraine unie.

La région de Kharkiv a été relativement peu touchée par le soulèvement prorusse qui a vu des hommes armés ériger des points de contrôle le long des routes ou encore s'emparer d'édifices gouvernementaux, notamment dans la région voisine de Donetsk.

Lundi, des militants cagoulés armés de fusils automatiques ont d'ailleurs saisi l'hôtel de ville et le commissariat de police de la ville de Kostiantinivka, à 160 kilomètres de la frontière avec la Russie et à 35 kilomètres au sud de Sloviansk, une ville qui est elle-même aux mains des insurgés depuis maintenant trois semaines.

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