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Formule 1 - Ayrton Senna: chronologie d'un week-end tragique

28/04/2014 07:08 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Le week-end du 1er mai 1994, sur le circuit d'Imola, a été le plus noir de l'histoire de la Formule 1 moderne car deux pilotes, le débutant autrichien Roland Ratzenberger et le triple champion du monde brésilien Ayrton Senna, sont morts en l'espace de 24 heures.

C'était la première fois depuis 1986, et la mort de l'Italien Elio de Angelis lors d'essais privés sur le circuit Paul Ricard, au volant d'une Brabham, qu'un pilote de F1 perdait la vie en faisant son métier.

C'était aussi la première fois depuis 1982 (Gilles Villeneuve en Belgique, puis Riccardo Paletti au Canada) que des accidents mortels en F1 survenaient devant les caméras de télévision.

Vendredi 29 avril: l'envol de Barrichello

Tout commence le vendredi par un avertissement sans frais: le spectaculaire accident de Rubens Barrichello, 21 ans, alors jeune pilote brésilien de l'écurie Jordan, originaire de Sao Paulo, comme Senna. Sa voiture monte sur un vibreur et tape très fort, à 230 km/h, au niveau de la chicane Variante Basse. Quand "Rubinho" reprend connaissance, au Centre médical du circuit, Ayrton est à son chevet. Puis, rassuré sur l'état de son protégé, il retourne à son stand et reprend la piste.

Après les essais, le triple champion du monde retarde son point presse pour vérifier longuement sa monoplace avec son ingénieur, David Brown. Puis il rentre à l'hôtel et téléphone à sa compagne, Adriane Galisteu. Il se met à pleurer en lui racontant l'accident de Barrichello.

Samedi 30 avril: la mort de Ratzenberger

Senna est le plus rapide le matin et discute avec son coéquipier, Damon Hill. Il trouve que sa Williams FW16 a progressé. La séance de qualifications est commencée depuis 18 minutes quand la modeste Simtek-Ford de Ratzenberger, 33 ans, qui n'a disputé qu'un seul Grand Prix de F1 (11e au GP du Pacifique), perd son aileron avant et part en tête à queue à plus de 300 km/h dans la courbe Villeneuve, puis tape dans un mur en béton avant de s'immobiliser au milieu de la piste.

Senna se précipite sur les lieux, dans une voiture de la direction de course, et examine la monoplace pendant que l'Autrichien part en ambulance. Puis il se rend au Centre médical où le Dr Sid Watkins lui annonce la mort de Ratzenberger et lui conseille d'arrêter la F1. Il arrête sa séance de qualifications, passe au stand Williams et retourne dans son motor-home, où il s'effondre en larmes.

Dimanche 1er mai: le drame en direct

Senna est largement le plus rapide du warm-up le matin. Il discute ensuite longuement de sécurité en F1 avec son ancien rival et coéquipier, Alain Prost. Il parle aussi aux commissaires de course et à d'autres pilotes, car il veut relancer leur syndicat (GPDA) et en prendre les commandes dès le prochain GP, celui de Monaco.

Senna prend le départ en pole position mais un accrochage au départ, entre Pedro Lamy et JJ Lehto, provoque la sortie de la voiture de sécurité, qui dure cinq tours.

La course reprend au 6e tour mais dès le 7e tour, à 310 km/h, la Williams de Senna quitte sa trajectoire et vient se fracasser à 220 km/h contre un mur en béton, dans la courbe de Tamburello. Son célèbre casque jaune bouge à peine, pendant une fraction de seconde, puis reste incliné sur la droite jusqu'à ce que les commissaires italiens le sortent de son cockpit.

La violence du choc, malgré le freinage désespéré de Senna, ne laisse que peu d'espoir à des millions de téléspectateurs de ce drame en direct. On apprendra plus tard que deux morceaux de pièces mécaniques sont entrées dans son casque, causant des blessures mortelles.

Le Dr Sid Watkins, son ami, assiste à son dernier soupir mais pratique quand même une trachéotomie, sur le bord de la piste, avant que le pilote soit évacué en hélicoptère à l'Hôpital Maggiore, où son coeur arrête de battre. Son frère Leonardo fait venir un prêtre pour les derniers sacrements et sa mort est annoncée à 18h40.

Quand il a tapé dans le mur de Tamburello, à 14h17, Senna avait au fond de son cockpit un drapeau autrichien. Il voulait l'agiter après la victoire, en hommage à Ratzenberger.

dlo/ig

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