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Egypte: la justice interdit le principal mouvement de la révolte contre Moubarak

28/04/2014 05:59 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Un tribunal égyptien a interdit lundi le Mouvement du 6 Avril, le principal groupe de la jeunesse qui a mené la révolte ayant conduit à la chute du président Hosni Moubarak en 2011 et manifeste aujourd'hui contre le régime dirigé par l'armée.

Ce tribunal du Caire a rendu ce jugement après la plainte d'un avocat accusant le mouvement de "diffamer" le pays et de "collusion" avec des mouvements étrangers, a indiqué à l'AFP un haut responsable de la justice.

Cette interdiction survient en pleine répression visant essentiellement les partisans du président islamiste Mohamed Morsi, destitué le 3 juillet par l'armée, mais aussi tout mouvement de contestation du nouveau pouvoir.

Le Mouvement du 6 Avril tire son nom d'une grande grève d'ouvriers lancée à Mahalla (nord) le 6 avril 2008, premier vrai mouvement de contestation contre le régime de Moubarak qui régna sans partage 30 années sur l'Egypte. Le groupe, emmené par des jeunes, est devenu le fer de lance de la révolte populaire qui, en 18 jours, chassa Moubarak du pouvoir début 2011, dans la lignée des printemps arabes.

Depuis que le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi a destitué et fait arrêter le 3 juillet M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement en Egypte, une implacable et sanglante répression s'est abattue sur ses partisans: plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués par les policiers et soldats et plus de 15.000 de ses partisans arrêtés.

Mais en novembre, pour protester contre une loi rendant quasiment impossible toute manifestation dans le pays, des mouvements de gauche et laïcs, dont le 6 Avril avaient commencé à manifester contre le gouvernement intérimaire mis en place et dirigé de facto par Sissi, lequel est désormais ultra-favori pour l'élection présidentielle prévue fin mai face à un seul autre candidat, issu de la gauche.

Le leader du Mouvement du 6 Avril, Ahmed Maher, a été condamné à trois ans de prison en décembre pour avoir violé la nouvelle loi interdisant les manifestations sans le consentement du ministère de l'Intérieur.

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