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Secours aérien: l'armée envisage de réduire ses délais d'intervention

27/04/2014 03:32 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La Défense envisage de nouveau de mettre en place un délai de réponse constant de 30 minutes pour les équipes de recherche et de sauvetage, une idée que l'armée de l'air a longtemps rejetée comme étant trop coûteuse, tant en argent qu'en main-d'oeuvre.

Le gouvernement Harper est sous pression pour résoudre ce problème depuis la critique acerbe du vérificateur général, l'an dernier, et la mort très médiatisée d'un garçon au Labrador, il y a deux ans.

Deux rapports, qui ont passé en revue les interventions d'urgence, en plus d'analyser le coût d'un système d'alerte en vigueur à toute heure, ont récemment été remis au Commandement des opérations interarmées du Canada, en charge des missions nationales et à l'étranger.

Un porte-parole de la Défense, Daniel Blouin, n'a pas voulu en dévoiler les conclusions, pas plus qu'il n'a voulu avancer de date de décision quant à ces dernières.

Les recherches s'appuient sur une étude de l'armée de l'air datée de 2008 qui rejetait le programme comme étant trop cher et à peine plus efficace que les structures déjà en place pour sauver des vies.

Afin d'être en activité 24 heures sur 24, l'armée devrait ajouter de neuf à 11 avions au groupe d'appareils en service, et acheter des avions supplémentaires ou en réassigner d'autres.

En 2008, les coûts supplémentaires étaient estimés à 2,6 milliards $ pour les avions, et 314 millions $ en infrastructures et autres dépenses.

Les planificateurs militaires, qui ont rédigé le rapport de 2008, ont souligné que sur 1054 missions de sauvetage, neuf dépendaient du temps d'intervention. De celles-ci, trois auraient pu se terminer différemment si le temps de préparation au décollage avait été de 30 minutes ou moins.

Actuellement, les équipes de secours sont opérationnelles en 30 minutes ou moins de 8 à 16 heures, du lundi au vendredi. La fin de semaine et lors des jours fériés, le temps de préparation chute à deux heures.

Dans un rapport dévoilé en 2013, le vérificateur général Michael Ferguson a soutenu que l'armée de l'air pouvait mieux faire, et le ministre de la Défense de l'époque, Peter MacKay, avait donné aux commandants des équipes d'urgence les pleins pouvoirs pour modifier les heures d'intervention autant que nécessaire.

Le ministère a répondu avec une copie du rapport, alors vieux de cinq ans.

Le rapport de M. Ferguson mettait en garde contre le fait que l'ensemble du système de missions de secours souffrait de graves problèmes, notamment d'un manque de pilotes entraînés et de personnel de secours. D'autres éléments, a-a-t-il conclu, «sont au point de rupture».

Le gouvernement Harper a aussi été critiqué par M. Ferguson en raison du manque d'avions adaptés aux recherches et aux opérations de sauvetage; Ottawa n'a toujours pas lancé d'appel d'offres pour remplacer les avions vieillissants actuellement en service, une décennie après le lancement d'un projet de mise à jour de la flotte.

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