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Paris tente de peser sur l'avenir d'Alstom, convoité par l'Américain GE et l'Allemand Siemens

27/04/2014 01:04 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement français tentait dimanche de faire valoir son souci pour l'emploi dans le dossier Alstom, alors que le conseil d'administration du groupe, dont la branche énergie est convoitée par Général Electric et Siemens annonçait poursuivre sa réflexion stratégique jusqu'à mercredi.

Dans la soirée, le conseil d'administration du groupe, qui avait démarré vers 16H00 GMT, a publié un bref communiqué annonçant la poursuite et l'approfondissement de "sa reflexion stratégique" jusuq'à mercredi matin. D'ici là la cotation du titre à la Bourse de Paris "reste suspendue".

Le président français François Hollande annonçait lui à l'AFP peu après qu'il allait recevoir lundi matin le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt. Dans la soirée il avait réuni le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg et la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal, pour évoquer le dossier.

Le géant américain (305.000 salariés dans le monde et 146 milliards de dollars de chiffre d'affaires) souhaite racheter les actifs d'Alstom dans l'énergie. Ces divisions spécialisées dans les équipements pour centrales thermiques, les lignes à haute tension ou encore les énergies renouvelables, représentent plus de 70% de l'activité d'Alstom et un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros.

Bien que l'Etat français ne soit plus actionnaire de l'entreprise depuis 2006, le gouvernement, qui a mis la lutte contre le chômage et la désindustrialisation de la France au coeur de son projet politique, s'est invité avec force dans le dossier.

"Compte tenu des enjeux stratégiques pour l'industrie et l'économie française, le gouvernement n'acceptera pas qu'une décision soit prise, quelle qu'elle soit, dans la précipitation et sans l'instruction conjointe avec les intérêts de la nation des choix alternatifs", a ainsi prévenu le ministère de l'Economie.

"GE et Siemens sont deux investisseurs importants en France et des acteurs de premier plan au sein de notre tissu industriel national", a souligné le ministère, affirmant que "le gouvernement est prêt à examiner leurs projets avec le souci de préserver les intérêts de la base industrielle de la France et à y participer financièrement".

Le gouvernement sera "extrêmement vigilant, s'agissant du maintien de l'excellence et de l'indépendance de la filière nucléaire française"., a-t-on ajouté de même source.

- Siemens en trouble-fête -

Les négociations seraient déjà bien avancées avec le groupe français dirigé par Patrick Kron, pour une transaction estimée par la presse à quelque 10 milliards d'euros, qui ne concernerait pas la branche transports, fabriquant les trains à grande vitesse (TGV), source de fierté française. Le groupe diversifié Bouygues, premier actionnaire d'Alstom avec 29,4%, serait favorable à l'opération.

Mais l'Allemand Siemens est venu jouer les trouble-fête: dimanche matin, il a annoncé dans un bref communiqué avoir fait part à Alstom "de sa disposition à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future".

Le groupe allemand aurait proposé par écrit de reprendre l'activité énergie d'Alstom convoitée par GE contre une somme en numéraire, à laquelle s'ajouterait "la moitié de sa branche transports", ont affirmé plusieurs médias.

Selon le quotidien allemand Handelsblatt à paraître lundi, Siemens évalue les activités d'énergie d'Alstom à entre 10 et 11 milliards d'euros et aurait l'intention de "maintenir les emplois en France pendant au moins trois ans" avant de "continuer à développer l'activité".

Un rebondissement surprenant pour les analystes, car lors du sauvetage d'Alstom en 2003-2004 l'Etat français s'était opposé à un rachat par Siemens.

Ce dernier craint visiblement de se retrouver face à un très puissant concurrent sur ses terres européennes en cas de rapprochement entre GE et Alstom dans l'énergie, l'une de ses sources majeures de revenus et de bénéfices.

Mais le PDG d'Alstom est viscéralement opposé à tout rapprochement avec le groupe allemand.

Présent dans une vingtaine de villes de France, dont Belfort (est), qui abrite son siège européen, General Electric France emploie 11.000 salariés en contre 18.000 pour Alstom.

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