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Le gouvernement français est très frileux à la vente d'Alstom à GE

27/04/2014 04:28 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

PARIS - Les intérêts nationaux français sont en jeu dans le cadre de la vente potentielle du géant de l'ingénierie Alstom, a déclaré dimanche le ministre de l'Économie du pays, mettant l'entreprise en garde contre la tentation de conclure une fusion rapide avec General Electric.

Dans une déclaration transmise par communiqué, Arnaud Montebourg a indiqué que le gouvernement français désirait prendre le temps d'examiner une autre offre, celle de l'allemand Siemens, visant à créer deux «champions européens» dans le transport et le génie en matière d'énergie.

Le ministre a laissé entendre que «compte tenu des enjeux stratégiques pour l'industrie et l'économie française, le gouvernement n'acceptera pas qu'une décision soit prise quelle qu'elle soit dans la précipitation et sans l'instruction conjointe avec les intérêts de la nation des choix alternatifs».

L'État «veut disposer du temps nécessaire pour examiner sérieusement les propositions», a poursuivi M. Montebourg.

La semaine dernière, des rumeurs non confirmées coulées dans les médias français ont porté à croire que GE et Alstom se préparaient à annoncer un accord aussi tôt que lundi.

Plus tôt, dimanche, Siemens s'est dit prêt à discuter d'une fusion avec son rival français.

L'entreprise allemande a dit avoir envoyé une lettre au conseil d'administration d'Alstom «pour signaler sa volonté de discuter de futures opportunités stratégiques», mais n'a pas voulu élaborer.

M. Montebourg a dit que le gouvernement était «prêt à examiner» les deux offres «avec le souci de préserver les intérêts de la base industrielle de la France et à y participer financièrement».

Le geste annoncé dimanche survient dans le cadre de vives spéculations à propos du fait que General Electric envisageait d'acheter Alstom.

Les transactions des actions d'Alstom ont été suspendues vendredi après que le cours eut grimpé de 11 pour cent par rapport à son sommet de jeudi, à 27 euros par action (41,26 $ CDN).

Le gouvernement français est très peu ouvert à l'idée du rachat de l'entreprise ayant conçu le concept des TGV, avant de les exporter ailleurs dans le monde, et qui construit également des turbines nucléaires.

Des porte-parole d'Alstom et de GE n'ont pas voulu commenté sur les informations de la presse française voulant que le président de GE Jeffrey Immelt rencontre des représentants du gouvernement français dimanche à Paris.

GE est implantée depuis longtemps en France. Sa division française a annoncé des revenus de 7,8 milliards d'euros (11,9 milliards $) en 2011. L'entreprise emploie 11 000 personnes en France.

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