NOUVELLES

L'Afrique du Sud fête les 20 ans de sa démocratie et de la fin de l'apartheid

27/04/2014 12:08 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - Les Sud-Africains ont célébré 20 ans de démocratie, dimanche, avec des chansons, des prières et des éloges pour ceux qui ont fait entrer leur pays dans une ère plus paisible et tolérante, même si certains ont souligné que les inégalités économiques et d'autres problèmes avaient un peu miné les espoirs de la nation depuis que la première élection multiraciale a mis fin à l'apartheid le 27 avril 1994.

Les principales célébrations du Jour de la liberté se déroulaient à Pretoria dans l'édifice vieux d'un siècle abritant le siège du gouvernement sud-africain où le président Jacob Zuma et plusieurs dignitaires, incluant des diplomates étrangers, se sont rassemblés afin de réfléchir à la lutte contre le régime de ségrégation raciale et aux efforts pour bâtir un meilleur pays.

Cette anniversaire survient à quelques jours du scrutin du 7 mai qui devrait reconduire au pouvoir le Congrès national africain mais avec une faible majorité, signe du mécontentement de la population à l'égard du parti politique s'étant opposé à la domination blanche avant que son candidat Nelson Mandela ne devienne le premier président noir d'Afrique du Sud.

Dans un discours, M. Zuma a déclaré que l'Afrique du Sud avait une belle histoire à raconter, faisant référence à son système électoral stable, à son engagement envers les droits de la personne et à ses progrès sur le plan de la santé, de l'aide sociale ainsi que de la distribution d'eau potable et d'électricité au cours des 20 dernières années. Il a rappelé que près de trois millions de maisons avaient été construites depuis 1994, que les femmes jouaient maintenant un rôle plus important dans la vie publique et que la criminalité avait baissé même si elle demeurait un «problème sérieux».

Le président a ajouté qu'il ne fallait pas nier ou minimiser ces avancées, et ce, même en période électorale.

Jacob Zuma a récemment fait l'objet de critiques en raison des 20 millions $ de fonds publics qui ont été utilisés pour rénover sa maison de campagne privée. Le scandale a éclaté alors que le débat sur le fossé qui sépare les riches des pauvres en Afrique du Sud fait rage. Le gouvernement a soutenu que cette situation était un héritage de l'apartheid, faisant remarquer que le revenu moyen des ménages blancs était six fois plus élevé que celui des ménages noirs.

Jeudi, le vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe avait évoqué, lors d'une allocution prononcée à Londres, les 20 ans de la démocratie dans son pays en parlant des défis qui l'attendaient en matière d'emploi, de pauvreté et d'inégalité. «Cette commémoration ne représente pas la fin du voyage, mais bien le début», avait-il conclu.

PLUS:pc