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France: deux policiers d'élite mis en examen pour le viol d'une touriste canadienne, le gouvernement promet la fermeté

27/04/2014 04:19 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

Deux policiers d'élite ont été mis en examen pour viol en réunion sur une touriste canadienne au sein même du siège historique de la police: face à une affaire "grave" qui secoue la police judiciaire parisienne, le gouvernement a promis dimanche la fermeté.

Deux policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI, antigang) ont été inculpés dans la nuit de samedi à dimanche pour viol en réunion, a indiqué une source judiciaire. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire, alors que le parquet de Paris avait requis leur placement en détention provisoire.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a aussitôt promis dimanche de tirer "toutes les conséquences" si les faits étaient avérés, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Au total, quatre policiers de la BRI avaient été placés en garde à vue jeudi. Deux d'entre eux ont été remis en liberté samedi, le premier dans la journée sans aucune charge au terme des 48 heures de garde à vue et le second dans la soirée après avoir été placé par un juge d'instruction sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre simple témoin et inculpé.

L'un des deux hommes mis en examen a reconnu une relation sexuelle avec la plaignante, une Canadienne de 34 ans, mais soutient qu'elle était consentante. Il conteste "fermement" tout viol, a déclaré son avocat Sébastien Schapira à l'AFP. Il avait nié tout rapport dans un premier temps, comme ses collègues. Ces derniers n'ont eux pas modifié leur position.

Samedi, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour viol en réunion et modification de l'état des lieux d'un crime. Selon une source proche de l'enquête, les bas et les lunettes de la jeune femme ont disparu au moment des faits qu'elle dénonce.

- L'image du "36" ternie -

Cette affaire, "extrêmement grave si les faits sont avérés" selon un haut responsable policier, a provoqué une onde de choc au siège légendaire et centenaire de la PJ parisienne. L'emblématique "36" surnommé ainsi pour son adresse (36 quai des Orfèvres, dans le centre de Paris) abrite des services d'élite comme la Brigade criminelle ou la BRI, spécialisée dans les interventions difficiles et les interpellations à hauts risques.

"C'est un moment difficile à vivre pour les policiers du 36, car quoi qu'il arrive, et quelle que soit l'issue de cette affaire, son image risque d'en pâtir, et pendant un certain temps", avait confié vendredi un enquêteur sous couvert d'anonymat.

Les faits dénoncés par la plaignante auraient eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Elle affirme avoir rencontré les hommes de la BRI dans un pub irlandais du quartier Saint-Michel, où beaucoup de policiers ont leurs habitudes, non loin du siège de la police.

Après une soirée arrosée, elle aurait, selon ces sources, accepté de les suivre dans leurs locaux, quai des Orfèvres, de l'autre côté de la Seine. C'est en ressortant, visiblement sous le choc, qu'elle a affirmé à l'agent de faction avoir été violée avant de porter plainte.

Des examens médicaux ont été réalisés ainsi que des prélèvements ADN, dont on ignore encore le résultat.

Des perquisitions ont aussi été menées au domicile des policiers par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", qui se sont également déplacés sur le lieu du viol présumé.

"Des enquêtes disciplinaires" ont été engagées par l'IGPN, "pour les manquements d'ores et déjà avérés au droit de la fonction publique, à la déontologie et au règlement général d'emploi", a rappelé dimanche le ministre de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve a renouvelé "son entière confiance" aux membres de la police parisienne au moment où, "par les manquements de quelques-uns, l'institution dont ils sont légitimement fiers est affectée".

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